La diversité culturelle

De quoi on parle quand on évoque la diversité culturelle ?
La diversité  renvoie à la notion de variété, de pluralité et de différences. Il peut y avoir une diversité dans l’apparence physique, le sexe, l’orientation sexuelle, l’âge, les opinions (politiques, économiques, religieuses etc.), les traditions, les coutumes etc.
Et quand on parle de culture on peut s’attarder à la définition d’Edward Burnett Tylor1, anthropologue britannique du 19e siècle qui est repris par l’Unesco :
« La culture est un ensemble complexe qui inclut savoirs, croyances, arts, positions morales, droits, coutumes et toutes autres capacités et habitudes acquis par un être humain en tant que membre d’une société. »1  En quelque sorte la somme de notre éducation, transmise ou acquise.
La diversité culturelle renvoie donc à l’existence de différentes cultures au sein d’une même population, à une variété de traditions, de coutumes.
Des phénomènes tels que la migration contribue naturellement à davantage de diversité à l’intérieur des sociétés.
Un autre concept en relation avec les effets de la migration sur nos sociétés, résultat d’interactions de personnes et de groupes, celui d’identités plurielles. Quand on parle d’identités plurielles on peut penser aux enfants nés ou grandis ici qui ont des identités multiples, de par les origines de leur parents mais aussi par leur construction sociale, leur parcours, et expériences individuelles et le plus intéressant par les échanges culturelles.
Au Québec on parle également beaucoup d’interculturalisme, souvent en opposition au multiculturalisme canadien. On s’attarde à leur définition selon Gérard Bouchard et Charles Taylor qui présidaient la fameuse commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles.
Interculturalisme: Politique ou modèle préconisant des rapports harmonieux entre cultures, fondés sur l’échange intensif et axés sur un mode d’intégration qui ne cherche pas à abolir les différences, tout en favorisant la formation d’une identité commune.
Multiculturalisme: Dans son acception la plus courante, système axé sur le respect et la promotion de la diversité ethnique dans une société.
L’un n’empêche pas l’autre à mon humble avis, et à quelques nuances près sont tous les deux des politiques d’intégrations assez proches, voire même complémentaires. Les deux s’opposent farouchement à l’assimilation, que certains confondent à tort, ici au Québec, avec l’interculturalisme.
On parle aussi de vivre-ensemble. Un concept fourre-tout selon moi… et comme j’ai déjà eu à le dire, vivre ensemble ce n’est pas vivre les uns à côtés des autres encore moins les uns écrasant les autres. On évoque de plus en plus la convergence culturelle, converger vers une société commune, une identité québécoise largement partagée. Ce serait surement la situation idéale mais en entendant d’y arriver un jour à cette société idéale, il faut qu’on s’attelle à vivre ensemble avec nos différences et nos points communs et se dire que le Québec est riche d’identités multiples. On ne parle pas d’une identité québécoise uniforme mais plurielle à l’image de sa diversité.
Pour finir n’oublions pas que la diversité culturelle présuppose le respect des droits de l’homme. La Déclaration universelle sur la diversité culturelle adoptée en 2001 par la Conférence générale de l’UNESCO stipule d’ailleurs que « La défense de la diversité culturelle est un impératif éthique, inséparable du respect de la dignité de la personne humaine. Elle implique l’engagement de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en particulier les droits des personnes appartenant à des minorités et ceux des peuples autochtones. Nul ne peut invoquer la diversité culturelle pour porter atteinte aux droits de l’homme garantis par le droit international, ni pour en limiter la portée. » (Article 4).
La Décennie internationale du rapprochement des cultures (2013-2022) touche à sa fin mais force est de constater qu’il y a encore bien du chemin à parcourir pour bâtir des sociétés plus inclusives.

Khady Sow
 

1 Tylor, E. in Seymour-Smith, C. (1986) Macmillan Dictonary of Anthropology. The Macmillan Press LTD.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*