Il y a 12 ans

Il y a 12 ans, le 27 septembre 2010, naissait ma fille… et j’avoue que je suis une maman gâteau et que c’est à coups de mon petit coeur, ma petite princesse… ma choupette (elle n’aime pas trop).

J’en parle ici aujourd’hui et sur les RS parce que ce fut à un moment marquant de ma vie, de femme et de cheffe d’entreprises.

Elle est née en 2010, une année et quelques mois après que j’aie fondé Opale et mis en kiosque le 1er numéro, en 2009.

On ne se lance pas, souvent en tout cas, en affaires tout en planifiant une grossesse. Si oui, ce ne fut vraiment pas le cas. Mais elle fut désirée au plus haut point et accueillie avec amour et gratitude. Il faut savoir que j’étais déjà maman d’un grand garçon et que je ne m’attendais plus à avoir d’enfants, ayant été diagnostiquée infertile à cette étape de ma vie. La gynécologue qui m’avait suivie les années précédentes, ayant été claire, examens médicaux à l’appui, et recommandait un traitement hormonal. Ce que j’ai décliné, me disant que j’en avais déjà un et mon conjoint deux, donc tout bon, on va vivre avec ça !

Plusieurs années après ce diagnostic, me voilà donc à mes débuts avec Opale, dans un secteur pas facile, déjà en crise et avec le label pas trop séduisant à l’époque pour certain.e.s de « Magazine de Blacks », ayant été clair dès le départ que l’on faisait la promotion de la diversité culturelle, en nous appuyant sur ce qu’on est, des africains et afrodescendants, membres de cette diversité, et qui comme communauté, a un apport certain et des besoins, défis, réalités bien spécifiques. Nous n’avons toujours pas dérogé d’un iota de notre mission en passant, d’Opale Magazine à 1001 Cultures, aux rencontres interculturelles, foires de l’entrepreneuriat immigrant, au symposium international des cultures africaines et d’ascendance africaine (SICAAF) à Opale Digital network.

Il a fallu presque 3 mois avant que je sache et que je confirme que j’étais vraiment enceinte. Dans ma tête c’était plié, j’en aurai plus d’enfant, je n’aurai pas la petite fille dont je rêvais… je me disais que c’était le stress du lancement entrepreneurial, une monopause précoce 😱

Alors pour résumer j’étais en plein lancement de mon bébé, mon entreprise Opale et un autre bébé, inespéré, arrivait. Pas de soucis, je vais m’en occuper, me suis-je dit mais ce qui était clair c’est qu’elle, ma fille, passerait avant tout. Et oui, avant même d’avoir une confirmation j’étais certaine que c’était une fille.

Ce ne fut pas facile, et, ce fut la période où j’ai connu pas mal, également, le vrai visage de quelques gens.

Un incident, m’a particulièrement marqué. J’avais rencontré une jeune photographe, qu’on m’avait recommandée, pour nos éditoriaux mode et beauté, l’idée étant d’avoir une 2e approche, jeune, qui se rajouterait à notre photographe, qui très doué et très professionnel avec 30 ans de métiers, restait dans l’équipe. On collabore toujours d’ailleurs. Alors je rencontre cette jeune femme, lui propose les mêmes conditions de collaboration; un forfait par shooting, et c’est Opale qui contacte les créateurs qui nous donnent les vêtements, accessoires et autres, recrute et prend en charge les modèles, tous les frais des séances de photos en fait, inclus nourriture et eau pendant le set. Elle est d’accord, très enthousiaste, n’a jamais fait d’éditorial de sa vie et est super contente/excitée. Je lui donne une entente, avec accord de confidentialité et lui explique clairement que les photos sont la propriété d’Opale Magazine mais qu’elle sera créditée comme il se doit, identifiée, chaque fois qu’on fait affaire avec elle. Exactement la même entente que l’autre photographe. Je lui laisse le temps de réviser l’entente et de me revenir. Elle le signe, toujours très contente et on est en affaires pour moi.

On fait notre premier éditorial avec elle, mode et coiffure, super travail, grand succès, dans la lignée de ce qu’on avait toujours fait; elle avait demandé des mannequins en agence, que j’ai contacté et payé. On planifie le second éditorial avec elle, quelques semaines avant mon accouchement prévu, par mon gynéco, le 10 octobre 2010. À une semaine du shooting prévu pour l’éditorial Mode, la jeune photographe demande à me parler, qu’elle a quelque chose d’important à discuter ; nous avons déjà reçu des habits de différents stylistes et des accessoires de  la compagnie Aldo.  Je me dis que la discussion va peut-être tourner autour du contenu ou de contraintes qu’elle a. Qu’elle ne fut ma surprise quand elle me dit qu’elle avait montré son travail précédent à une de ses professeur.e.s qui lui aurait dit que les conditions n’étaient pas avantageuses et surtout que les photos devaient lui appartenir, qu’elle devrait juste nous donner accès à quelques photos choisies, pendant une durée bien déterminée et un nombre établi de copies tirées. Donc, Opale Magazine détermine le contenu à publier, fourni le matériel, la paie, paie pour tous les frais mais les photos ne lui appartiennent pas. Et tout ceci à une semaine d’exécution d’un contrat qu’elle a signé et après avoir récupéré le matériel fourni à Opale pour notre éditorial mode. J’essaie de lui expliquer que son prof, qui détail important, n’a jamais fait d’éditorial pour un magazine de ce qu’elle m’a dit, confond peut-être banque d’images et contrat à exécuter. Et je lui fais comprendre également que le moment est peut-être mal choisi, qu’on avait une entente sur un an et qu’on était à une semaine de la séance photo et que ce n’était pas le moment de revenir sur les clauses de l’entente. Que s’il fallait renégocier ce serait au renouvellement mais pour elle c’était non, soit je cédais à ces exigences soit je n’avais pas de shooting… avec elle, je lui ai précisé alors à un moment, après quelques coups de fils assez exhaustifs de sa part.

Entre temps mon médecin avait décidé d’avancer mon accouchement; diabète de grossesse et complications prévues il ne voulait pas prendre de chance et déclenchait mon accouchement le 27 septembre… J’étais à des niveaux de stress incroyable.

La jeune dame elle, sûre de son fait peut-être n’arrêtait pas de me bombarder de mails, de coups de téléphone, mettant la pression pour que je cède à ce qui était pour moi, rien d’autre qu’un vil chantage. Je lui ai signifié que cela n’arriverait pas, que si elle ne voulait pas honorer son engagement elle pouvait remettre le matériel reçu à notre styliste sur le plateau qui allait la contacter. J’ai appelé mon autre photographe pour qu’il prenne le relais etc.

La styliste sur le plateau au bout de plusieurs appels sans réponses ni retour de message me contacte et me dit, je crois qu’elle ne veut pas répondre, ça ne se peut pas… j’ai du lui écrire pour lui signifier que si elle ne remettait pas le matériel retenu je n’aurai d’autre choix que de recourir à un avis par huissier pour qu’elle appelle afin la styliste et lui redonne les habits et accessoires. Pire, entre-temps elle avait appelé des amies et fait un éditorial avec notre matériel qu’elle a mis sur son site web… pour vous dire le degré de professionnalisme. Je fus submergé de courriels que je qualifie aujourd’hui en souriant de disputes virtuelles, jusqu’au dimanche soir, 26 septembre, alors que je rentrais à la Cité de la Santé le lundi 27 à 8h pour me faire accoucher. Mon conjoint et mon fils, voyant mon agitation, mon énervement, m’ont alors convaincu de fermer mon ordi et de ne plus répondre…. Ce fut un événement qui a mis un gros nuage sur un moment que toute femme aborde avec délicatesse et ce qui était vraiment triste pour moi c’est que ce fut par une femme, ayant les mêmes origines que moi. J’en n’ai pas vraiment parlé depuis mais hier en regardant ma fille tout m’est retombé dessus… ces couleuvres avalées, les gens qui à un moment aussi important de la vie t’ont tourné le dos après avoir essayé de prendre un avantage sur toi.

Au cours des années j’en ai vu des vertes et des pas mûres, et ce qui était pas mal constant c’est qu’on se permet entre nous des dérives qu’on n’oserait pas avec d’autres. Et de tous les défis qu’un.e entrepreneur.e issu.e de la diversité a à affronter ces comportements sont les plus délicats à confronter.

Je ne suis pas exempte de fautes sûrement, je ne prétends pas être une sainte, mais dans mes relations d’affaires, comme d’amitié d’ailleurs, j’ai toujours dit à mon monde, si vous avez quelque chose à me reprocher dite-le, qu’on voit à une solution mais une chose que j’abhorre c’est qu’on me fasse chanter et si tu viens avec la carte « je quitte… » je n’ai plus vraiment de soucis à dire « bye ».  Une carte qu’on m’a exhibé avant comme après la naissance de ma fille et que j’ai pris, en regardant de l’avant. Opale est toujours là, ma charmante fille aussi, qui rend sa maman plus qu’heureuse chaque fois qu’elle la regarde.

Le temps guérit les blessures et en parler ça soulage 😌❣️

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