Depuis la mort de Mahsa Amini en Iran, des dizaines de morts et plus de sept cents arrestations

Manifestation à Téhéran après la mort de Mahsa Amini, à Téhéran, le 19 septembre 2022. AP

Selon un bilan officiel, qui inclut manifestants et forces de l’ordre, quarante et une personnes ont été tuées en dix jours dans plusieurs villes du pays. L’ONG Iran Human Rights fait de son côté état, lundi soir, d’au moins 76 morts.

La répression ne faiblit pas davantage que la colère en Iran. « Lors des troubles de ces derniers jours, 450 émeutiers ont été arrêtés » dans la province de Mazandaran, dans le nord du pays, a déclaré le procureur général de la province, Mohammad Karimi, cité par l’agence de presse officielle IRNA.

Selon le décompte de l’Agence France-Presse, à l’échelle du pays, les autorités ont interpellé plus de 1 200 personnes, la plupart dans le nord, depuis le début du mouvement de protestation qui a suivi la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre, après qu’elle avait été arrêtée et détenue par la police des mœurs pour « port inapproprié de vêtements ».

Depuis le 16 septembre, le mouvement de contestation s’est propagé dans plusieurs villes du pays, où les manifestants ont crié des slogans hostiles au pouvoir, selon les médias locaux. « Au cours des derniers jours, des émeutiers ont attaqué des bâtiments gouvernementaux et endommagé des biens publics dans certaines régions de Mazandaran sous la direction d’agents étrangers », a affirmé Mohammad Karimi.

Samedi, les autorités avaient fait état de 739 manifestants arrêtés, dont soixante femmes, à Guilan, province voisine de Mazandaran. Citant un responsable local, l’agence de presse Fars a annoncé dimanche l’arrestation de 88 manifestants dans la province de Hormozgan (Sud). Selon la même source, les autorités ont procédé à d’autres arrestations dans les villes de Zandjan (Nord-Ouest), Karadj (ouest de Téhéran) et Kerman (Sud-Est). Les médias locaux ont également annoncé samedi la mort de quatre paramilitaires, portant à neuf le bilan officiel des forces de l’ordre tués ces derniers jours.

« Aucune indulgence »

Des manifestations prorégime à Téhéran, le 25 septembre 2022. VAHID SALEMI / AP

Dimanche, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a menacé de ne faire preuve d’« aucune indulgence » vis-à-vis des manifestants et appelé les forces de l’ordre à agir « fermement » contre « ceux qui portent atteinte à la sécurité ». La République islamique fait respecter un strict code vestimentaire aux femmes, en particulier concernant le port du voile islamique.

L’agence de presse Tasnim a publié lundi une vingtaine de photos de manifestants parmi lesquels des femmes dans diverses rues de Qom, importante ville sainte chiite située à près de 150 kilomètres au sud de la capitale. Les institutions militaires et sécuritaires ont publié ces images des « meneurs des émeutes » et appelé les habitants à les « identifier et informer les autorités », a ajouté l’agence.

 

@Le Monde avec AFP

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