Décrispation au Bénin: libération de 17 personnes poursuivies pour atteinte à la sûreté de l’État

Une vue de Cotonou, la capitale du Bénin (image d'illustration). AP - Salako Valentin

Après la rencontre entre le président Patrice Talon et son prédécesseur et opposant Thomas Boni Yayi, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a ordonné, ce 14 juin 2022, la « libération provisoire » de 17 détenus sous mandat de dépôt pour « atteinte à la sureté de l’État ». Parmi eux des militaires et un membre du parti de Sébastien Adjavon.

Les appels à la décrispation politique se multiplie depuis les législatives de 2019 non inclusives et depuis la lourde condamnation des opposants Reckya Madougou et Joël Aivo. L’Église, la société civile et l’opposition n’ont cessé de multiplier les appels au dégel politique.

C’est à la demande du procureur spécial de la Criet que la juge des libertés et de la détention a signé l’ordre de mise en liberté mardi soir. Une décision qui intervient juste au lendemain de la rencontre entre l’ancien chef de l’État Boni Yayi et Patrice Talon au palais de la Marina.

Sans entrer dans les détails, les deux hommes ont déclaré avoir parlé « de paix politique et de sujet relatif à la consolidation de la paix ». Boni Yayi en septembre dernier était venu voir son successeur avec des doléances politiques assorties de sa petite liste de détenus pour qui il a plaidé la libération. Parmi les 17 personnes libérées mardi soir , il y a des civils, mais surtout des militaires.

C’est en février 2020 qu’ils ont été placés sous mandat de dépôt pour « complot contre la sureté de l’État, association de malfaiteurs, non dénonciation de crime et complicité ». Ils n’avaient pas encore été jugés, le dossier étant en instruction. C’est donc une liberté provisoire. Pour le classement de l’affaire, il faut attendre la clôture de l’information.

« Il n’y aura plus de suite, c’est le temps de l’apaisement », dit un observateur. Deux grandes figures de l’opposition restent encore en détention, Reckya Madougou et le professeur Joël Aivo pour qui attendent un geste de clémence de Patrice Talon.

 

Source RFI

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