Burkina Faso : Au moins 138 morts dans une attaque djihadiste dans le nord du pays

Un militaire dans le nord du Burkina Faso le 3 février 2020 (illustration). — AFP

TERREUR C’est le plus lourd bilan pour une seule attaque depuis le début des violences djihadistes dans le pays en 2015

Le Burkina Faso a connu l’horreur dans la nuit de vendredi à samedi. Le nord du pays a été frappé par deux attaques dont l’une a fait au moins 138 morts, la plus meurtrière depuis le début des violences djihadistes en 2015.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, « est indigné par l’assassinat […] de plus de cent civils, dont sept enfants, lors d’une attaque perpétrée par des assaillants non identifiés » dans la région du Sahel au Burkina Faso, a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric. Il « condamne vivement cette attaque horrible et souligne la nécessité urgente que la communauté internationale renforce son soutien à l’un de ses membres dans son combat contre la violence extrémiste et son bilan humain inacceptable ».

Les victimes enterrées dans des fosses communes

Ces attaques ont été commises dans la zone dite « des trois frontières » entre Burkina, Mali et Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de djihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l’ Etat islamique. « Des individus armés ont mené une incursion meurtrière à Solhan, dans la province du Yagha. Le bilan, toujours provisoire, est d’une centaine de personnes tuées, des hommes et femmes », a indiqué une source sécuritaire. « Le bilan toujours provisoire, est de 138 morts », a pour sa part déclaré samedi soir un élu local en précisant que « les corps ont été enterrés dans des fosses communes ».

« Face à cette tragédie des forces obscures, un deuil national de 72 heures » du 5 juin à minuit au lundi 7 juin à 23 heures 59 a été décrété par le gouvernement. Le président Roch Marc Christian Kaboré a en outre dénoncé « cette attaque barbare » et « ignoble », appelant à « rester unis et soudés contre ces forces obscurantistes ».

Des flux de déplacés

Selon une source locale, « l’attaque, qui a été signalée aux environs de 2 heures [du matin], a d’abord visé le poste des Volontaires pour la défense de la Patrie », les VDP, des supplétifs civils de l’armée, et « les assaillants ont ensuite visité les concessions [maisons] et procédé à des exécutions ». Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha, qui a enregistré de nombreuses attaques attribuées à djihadistes ces dernières années.

Désormais, « on assiste à des flux de déplacés internes qui fuient vers Sebba », selon l’élu local. « Ces déplacements ont également occasionné d’autres victimes car trois personnes sont mortes sur l’axe Solhan-Sebba, la charrette qui les transportait ayant sauté sur une mine artisanale ».

Les forces de sécurité du Burkina Faso peinent à enrayer la spirale de violences djihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1.400 morts et déplacé plus d’un million de personnes, fuyant les zones de violences.

@20 Minutes avec AFP

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