Ligue des champions : « Peur, désespoir, joie immense, on est passés par toutes les émotions »

Le Brésilien Neymar. David Ramos/Pool via REUTERS

Les scènes de liesse de supporteurs parisiens se sont multipliées après une soirée riche en émotions, ponctuée d’une qualification du Paris-Saint-Germain en demi-finale de Ligue des Champions.

Ils ne l’avaient pas imaginé comme cela. Ce 50anniversaire du Paris-Saint-Germain restera à coup sûr comme l’un de leurs plus beaux souvenirs de supporteurs. Mais il s’en est fallu de peu. Le PSG – longtemps mené au score par l’Atalanta Bergame – et ses fans ont flirté avec le bord de la falaise, avant, finalement, de tomber sur un petit nuage (victoire 2-1 pour Paris).

« On est passés par toutes les émotions : peur, désespoir, et joie immense pour finir », résume, encore hagard, Clément, 28 ans, un supporteur de toujours venu investir les trottoirs parisiens dès le coup de sifflet final. Une délivrance pour celui qui était « à deux doigts de partir avant la fin du match ».

A côté de lui, Antoine, un supporteur lyonnais, tient à le féliciter. Il croise un vieil ami au hasard d’un feu rouge. Tous se souviennent d’une chose : ils attendaient cette qualification depuis trop longtemps. « C’est un moment de grâce », soufflent-ils, la voix légèrement entamée par cette soirée d’excès.

Dans les bars des grands boulevards, la nuit avait commencé plus sagement. Au Corcoran’s, repaire des fidèles du PSG, les supporteurs sont arrivés timidement, mêlés de confiance et d’interrogations, tandis que les serveurs défilaient avec le maillot bleu et rouge.

Combinaisons stériles

Si Skander, étudiant, ne cachait pas son angoisse face à un PSG « pas habitué aux équipes qui lui rentrent dedans », d’autres se rassuraient. « Oui, on va souffrir physiquement, mais les joueurs sont préparés à ça », lance cet ancien abonné du Parc des Princes. Et de souligner que Bergame souffrira davantage que Paris de l’absence de ses supporteurs en tribune : « C’est comme si Lens jouait sans les corons. »

Au milieu du bar, une fosse aménagée et son écran de fortune accueillent une soixantaine de curieux. La tension monte d’un cran. La main ferme de Navas sauve les Parisiens à plusieurs reprises, mais n’empêche pas l’ouverture du score de l’Atalanta.

Seule Gloria saute de joie, en compagnie d’autres Italiens. Parmi eux, quatre Bergamasques de naissance. La sœur de Gloria a même été à l’école avec Mattia Caldara, le défenseur de l’Atalanta.

« Pour Bergame, c’est plus qu’un match », confie la jeune femme, en France depuis un an. « Je ne dirais pas qu’on domine, parce que ça va nous porter la poisse », réagit Alessandro, à Paris depuis deux jours. Taquin, le serveur lui souhaite la bienvenue.

Cinq italiens ont réussi à « s’infiltrer » au Corcoran’s. Faciles à repérer, ils étaient les seuls à sauter de joie sur le but de l’Atalanta. Parmi eux, quatre Bergamasques de naissance. © Maxime Lemaitre

Vincent, un ami français de la troupe attend la rentrée de Mbappé en seconde périodeComme prévu, celle-ci intervient à l’heure de jeu, mais ses combinaisons avec Neymar demeurent stériles. « Donne-la ! », « à gauche », « accélère », chacun, à sa manière, devient l’entraîneur du PSG le temps d’un match.

Tête baissée, on textote ses inquiétudes. « C’est terminé », soupire Babacar, sans se douter que l’égalisation arrive. L’éruption dure une minute. Trois minutes plus tard, Choupo-Moting délivre les siens. « Tout un symbole » pour ce fan.

Scènes de liesses

Dans un coin du bar, une poignée de supporteurs l’affirment : la physionomie du match a donné à cette soirée une saveur encore plus délicieuse. « Désolé, mais j’aurais quand même préféré gagner 4-0 », rigole Maxime, chef de chantier de 27 ans.

Une avalanche d’émotions digne d’un grand soir de Coupe du monde ? « Pour moi, ce n’est pas plus fort », soutient Quentin. « Pas pour l’instant », le coupe Thomas, assis à ses côtés, et déjà impatient de retrouver son ami pour la demi-finale.

Un peu plus tard dans la nuit, des scènes de liesse ont été observées sur les artères de la capitale. Le risque sanitaire ? « On s’en fiche un peu, confesse Gregory. Le plus important était ailleurs. » Pour les supporteurs parisiens, le meilleur semble encore à venir.

@Le Monde

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