Iran : une manifestation dispersée à coup de gaz lacrymogènes après la mort d’une jeune femme arrêtée pour sa tenue vestimentaire

Deux femmes iraniennes marchent dans les rues de Téhéran (Iran), le 9 juillet 2022. (MORTEZA NIKOUBAZL / NURPHOTO / AFP)

Mahsa Amini avait été arrêtée mardi par la police des mœurs. Depuis la Révolution islamique de 1979, la loi impose à toutes les femmes le port d’un voile recouvrant la tête et le cou tout en dissimulant les cheveux.

Les forces de sécurité iraniennes ont dispersé, samedi 17 septembre, à coup de gaz lacrymogènes une manifestation dans le nord-ouest du pays après la mort d’une jeune femme arrêtée à Téhéran (Iran) par la police des mœurs, ont rapporté des médias locaux. Mahsa Amini, 22 ans, a été arrêtée mardi par l’unité de police chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, dont le port obligatoire du foulard en public. La télévision d’Etat a annoncé vendredi sa mort après trois jours dans le coma.

La jeune femme a été inhumée samedi dans sa ville natale de Saghez, dans la province du Kurdistan, selon l’agence de presse Fars. Après ses funérailles, des personnes « ont scandé des slogans en exigeant des enquêtes détaillées sur cette affaire », selon la même source. Les « manifestants se sont ensuite rassemblés devant le bureau du gouverneur » en scandant « d’autres slogans » avant d’être « dispersés par les forces de sécurité qui ont tiré des gaz lacrymogènes ».

Plusieurs enquêtes ouvertes

La télévision d’Etat a diffusé vendredi des extraits d’une vidéo montrant une salle, visiblement au commissariat, où l’on peut voir de nombreuses femmes. L’une d’elles, présentée comme Mahsa Amini, se lève pour discuter avec une « instructrice » au sujet de sa tenue vestimentaire, puis elle s’effondre. Dans un autre extrait, le service d’urgence transporte le corps de la femme vers une ambulance. La police de Téhéran a confirmé vendredi le décès, affirmant « qu’il n’y avait pas eu de contact physique » entre les agents de police et la jeune femme.

La présidence iranienne avait précisé de son côté que le président Ebrahim Raïssi avait chargé le ministre de l’Intérieur d’enquêter sur cette affaire. Le chef du bureau du médecin légiste de Téhéran a déclaré samedi à la télévision d’Etat que des enquêtes sur la cause du décès de la jeune femme étaient en cours mais qu’elles prendraient trois semaines. La mort de Mahsa Amini survient alors que la controverse enfle sur la conduite la police des mœurs qui patrouille dans les lieux publics pour vérifier l’application de la loi sur le foulard et d’autres règles islamiques.

 

@franceinfo avec AFP

 

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