Mort du prince Philip: pluie d’hommages au Royaume-Uni et dans le monde

es hommages ont afflué au Royaume-Uni pour saluer la mémoire du prince Philip, époux de la reine Elizabeth II (ici tous les deux en 1953) décédé vendredi à 99 ans. AP - Leslie Priest

Un « homme extraordinaire », plein de « joie de vivre » et « dévoué » à son pays comme à sa famille : les hommages ont afflué au Royaume-Uni pour saluer la mémoire du prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, décédé vendredi à 99 ans.

Premier à lui rendre hommage, le Premier ministre conservateur Boris Johnson a salué « la vie et le travail extraordinaires » du duc d’Edimbourg. « Il a contribué à guider la famille royale et la monarchie de sorte qu’elle demeure une institution incontestablement vitale pour l’équilibre et le bonheur de notre vie nationale », a-t-il déclaré sur le perron du 10 Downing Street.

Le prince Philip avait gagné l’affection de nombreuses générations. Il a contribué à conduire la famille royale et la monarchie afin qu’elle demeure sans conteste une institution vitale à l’équilibre et le bonheur de notre vie nationale. C’était un environnementaliste et un champion de la nature bien avant que ce soit à la mode. Nous nous souviendrons de lui pour tout cela mais surtout pour son soutien indéfectible à Sa Majesté la reine. Et c’est vers la reine et sa famille que nos pensées doivent se tourner aujourd’hui. Lors de ses noces d’or, la reine Elizabeth a dit que la nation avait une dette à son égard, plus grande qu’il ne l’aurait admis et je suis sûr que c’est vrai. Nous sommes en deuil aujourd’hui et nous offrons aujourd’hui nos condoléances à la reine Elizabeth, Sa Majesté, et toute sa famille. En tant que nation et royaume, nous saluons la vie et le travail extraordinaire du prince Philip, duc d’Edimbourg.

L’ancien Premier ministre Tony Blair, au pouvoir au moment de la mort de la princesse Diana en 1997, a rendu hommage à un homme « souvent en avance sur son temps ». « Il sera naturellement particulièrement reconnu pour son soutien remarquable et inébranlable à la reine pendant tant d’années. Cependant, il doit également être salué et célébré à part entière pour sa clairvoyance, sa détermination et son courage », a-t-il dit.

Selon l’ex-Premier ministre John Major, « modeste jusqu’à la moelle, et détestant les enquiquinements, il incarnait parfaitement l’esprit britannique et était resté fidèle à lui-même jusqu’au bout ». Et d’ajouter que « le déferlement d’affection et de tristesse après sa mort l’auraient surpris et gêné ».

Le chef de l’opposition travailliste Keir Starmer a déploré « la perte d’un serviteur public extraordinaire », qui a « dédié sa vie à notre pays », d’abord au sein de la Royal Navy puis aux côtés d’Elizabeth II.

« Une marque profonde » en Écosse

Plus sobrement, la Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon s’est dite « attristée » par la mort du duc d’Edimbourg. Selon elle, il laissera « une marque profonde » en Écosse, nation avec laquelle il partageait « des liens profonds et durables » et où il passait régulièrement ses vacances à Balmoral.

Première nuit calme à Belfast depuis quasiment une semaine
La capitale ainsi que d’autres villes d’Irlande du Nord sont agitées par les communautés loyalistes, qui tiennent à leur appartenance au Royaume-Uni, à cause du Brexit et d’un sentiment d’abandon de la part des élites, relate notre envoyée spéciale à Belfast, Émeline Vin. Lauren, travailleuse communautaire, passe ses soirées sur le terrain pour apaiser la situation. Elle est soulagée du calme, ce vendredi soir, qui n’a pas tellement à voir avec les appels au calme de la classe politique. « À cause de la mort du prince Philip, ils sont en deuil. Et donc, il n’y a personne dans les zones loyalistes, en guise de respect. Mais il semble que ce soit calme dans toutes les communautés. Les jeunes ont choisi, ce soir-ci, de rester calmes, de rester à la maison et de se détendre. Ils ont pris leur décision et se tiennent éloignés des zones conflictuelles. Combien de temps ça va durer, je ne sais pas, ça va dépendre de la longueur du deuil… Plus celui-ci dure, plus la paix va durer. »

L’archevêque de Canterbury, chef spirituel de l’Église anglicane d’Angleterre dirigée par la reine, s’est lui rappelé ses rencontres avec le duc. « J’ai toujours été frappé par sa joie de vivre évidente, son esprit curieux et sa capacité à communiquer avec des gens de tous horizons », a-t-il dit.

Pour le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, c’était « un homme extraordinaire, qui a consacré sa vie au service public et à aider les autres ». « Il a aussi combattu pour le Royaume-Uni – et les libertés qui nous sont chères aujourd’hui – durant la Seconde Guerre mondiale », a-t-il ajouté.

Des hommages venus du monde entier

Aux États-Unis, c’est l’ex-président américain George W. Bush qui a réagi le premier. « Tout au long de sa longue et remarquable vie, il s’est consacré à de nobles causes et aux autres. Il a représenté le Royaume-Uni avec dignité et a apporté une force et un soutien sans limites à la couronne » britannique, a estimé l’ancien président dans un communiqué.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a salué un homme qui « incarnait une génération qu’on ne reverra jamais ». « Il a eu une carrière remarquable dans l’armée et était au premier plan dans beaucoup d’initiatives sociales », a souligné de son côté le Premier ministre indien Narendra Modi. L’Allemagne, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a salué « une longue vie au service de son pays ». « Le prince Philip sera très regretté en Israël et dans le monde », a écrit de son côté le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

@RFI avec AFP

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