A Gaza, quatre morts et des centaines de blessés lors d’affrontements avec l’armée israélienne

Des cartouches de gaz lacrymogène sont tirées par l’armée israélienne contre un groupe de manifestants palestiniens lors d’affrontements proches de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 juin 2018. SAID KHATIB / AFP

Les soldats israéliens ont tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants palestiniens rassemblés à la frontière.

Les affrontements entre les manifestants palestiniens et les soldats israéliens à la frontière entre la bande de Gaza et Israël ont fait quatre morts, vendredi 8 juin, selon un nouveau bilan du ministère de la santé de l’enclave palestinienne.

Le ministère a également fait état de 100 autres Palestiniens blessés par les tirs, dont un photographe de l’Agence France-Presse (AFP), Mohammed Abed Al-Baba, qui couvrait les manifestations. Des sources médicales palestiniennes ont, elles, recensé 620 blessés.

Face à cette nouvelle journée sanglante, l’Assemblée générale des Nations unies a annoncé dans la soirée la tenue d’une réunion d’urgence sur Gaza, mercredi, sous la pression des pays arabes. Au cours de cette session, un vote devrait être demandé sur une résolution condamnant Israël sur le modèle de celle qui avait vu, il y a une semaine, les Etats-Unis utiliser leur droit de veto au Conseil de sécurité, selon des diplomates.

Près de 10 000 Palestiniens s’étaient rassemblés, ce vendredi, à cinq points différents le long de la barrière de séparation entre la bande de Gaza et l’Etat hébreu, a fait savoir l’armée israélienne. Des heurts ont une nouvelle fois éclaté entre les manifestants et les militaires. L’armée a réaffirmé avoir agi « conformément aux règles d’engagement » en vigueur.

128 Palestiniens tués depuis la fin de mars

Des Palestiniens réagissent aux tirs de gaz lacrymogène de l’armée israélienne, le 8 juin 2018. IBRAHEEM ABU MUSTAFA / REUTERS

Parmi les blessés figurent un photographe de l’AFP. Mohammed Abed Al-Baba, qui travaille pour l’agence depuis 2000, a été atteint sous le genou alors qu’il se trouvait à environ 200 mètres de la frontière à l’est de Jabaliya (Nord), revêtu d’un gilet marqué « presse » et d’un casque pour sa protection, a-t-il témoigné.

Depuis le début des manifestations pour le « droit au retour » le 30 mars, 129 Palestiniens ont été tués à la frontière entre l’enclave côtière palestinienne et Israël, selon des sources hospitalières. La manifestation de vendredi coïncidait avec la « journée de Jérusalem », organisée chaque année en Iran.

 « Il n’y a aucun Etat qui s’appelle “Israël” et qui aurait Jérusalem pour capitale », a déclaré le porte-parole du mouvement islamiste palestinien Hamas, Faouzi Barhoum, ajoutant que les manifestations allaient se poursuivre. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, Emmanuel Nahshon, a présenté sur Twitter les manifestants de Gaza comme des « crétins haineux » et des « Hamas Jugend », faisant référence aux Jeunesses hitlériennes (Hitlerjugend, en allemand).

©Le Monde avec AFP et Reuter