L’«indécente» Pamela Anderson et Borat font fermer une salle de cinéma à Alger

La prestation de l'actrice canadienne dans le film «Borat» a été censurée par le ministère de la Culture algérien. Revierfoto/DDP Images/ABACA

Une salle de cinéma de la ville blanche s’est vue contrainte de fermer ses portes après la diffusion du film Borat, sur décision du ministère, qui a jugé «choquantes» certaines scènes jouées par «l’actrice pornographique» canadienne, en plein mois du ramadan.

Les médias conservateurs algériens ne boudent pas leur plaisir. Au lendemain de la fermeture pour au moins un mois de la salle de cinéma Mohamed Zinet à Alger, la décision prise par le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi a été saluée par une partie de la presse. Il faut dire qu’ils furent les premiers à dénoncer la diffusion du film Borat vendredi. Pour le quotidien arabophone El Bilad, la projection du film de Larry Charles était «intolérable» notamment à cause des scènes de «l’actrice pornographique» Pamela Anderson.

«Vous détruisez la Culture. Il paraît que vous êtes le ministre de la Culture et vous fermez une salle de cinéma»

Sofia Djama, dans une lettre ouverte au ministre de la Culture algérien

Pour expliquer cette fermeture d’un mois, le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi a d’abord signalé que l’exploitant du cinéma projetait des copies piratées de plusieurs films. Infraction, qui justifie habituellement la fermeture d’un établissement.

Mais le ministre a également souligné le caractère «indécent» de certaines scènes jouées par l’actrice Pamela Anderson. Une annonce qui n’est pas du goût de tout le monde en Algérie. «Vous détruisez la Culture, Il paraît que vous êtes le ministre de la Culture et vous fermez une salle de cinéma», s’est ainsi insurgée la réalisatrice Sofia Djama, primée à la Mostra de Venise en 2017, dans une longue lettre publiée sur son compte Facebook.

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