Afghanistan: Washington met en garde les talibans, Pékin les reçoit

Subrahmanyam Jaishankar recevait Antony Blinken, en visite à New Delhi ce mercredi 28 juillet. Le secrétaire d’État américain a rencontré également le Premier ministre Narendra Modi. Il s'est dit lui aussi très inquiet des atrocités commises par les talibans ces derniers jours : « Les talibans disent vouloir une reconnaissance internationale, la fin des sanctions et la possibilité pour leurs dirigeants de voyager librement à l’étranger. Mais ce n’est pas en prenant le pays par la force et en violant les droits de sa population qu’ils y arriveront. En faisant cela, l’Afghanistan risque de devenir un État paria. »

L’Afghanistan risque de devenir un « État paria » si les talibans reprennent le pouvoir par la force, a mis en garde mercredi le secrétaire d’État américain Antony Blinken en visite à New Delhi. Au même moment, son homologue chinois Wang Yi accueillait à Pékin les rebelles afghans contre une promesse de ne pas servir de base arrière pour des attentats.

Depuis le début du retrait des troupes américaines d’Afghanistan, et surtout les victoires des insurgés afghans, l’Inde est vulnérable. Les militants pakistanais qui combattent avec les talibans pourraient viser ses intérêts, comme lors de l’attaque de son ambassade à Kaboul en 2008. Son ministre des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a donc exhorté les talibans à cesser cette alliance avec le Pakistan et à reprendre les négociations.

« L’indépendance et la souveraineté ne peuvent être obtenues qu’en dehors de toute influence maligne, a insisté le chef de la diplomatie indienne. Et l’imposition de la volonté d’une partie n’est pas démocratique et ne peut pas permettre la stabilité. »

Subrahmanyam Jaishankar recevait Antony Blinken, en visite à New Delhi ce mercredi 28 juillet. Le secrétaire d’État américain a rencontré également le Premier ministre Narendra Modi. Il s’est dit lui aussi très inquiet des atrocités commises par les talibans ces derniers jours : « Les talibans disent vouloir une reconnaissance internationale, la fin des sanctions et la possibilité pour leurs dirigeants de voyager librement à l’étranger. Mais ce n’est pas en prenant le pays par la force et en violant les droits de sa population qu’ils y arriveront. En faisant cela, l’Afghanistan risque de devenir un État paria. »

Les talibans affirment ne pas vouloir prendre le contrôle du pays par la force. Mais ils ne semblent pas non plus très intéressés par les négociations en cours au Qatar.

Message des talibans attendu à Pékin

Dans le même temps, une délégation des talibans menée par le cofondateur du mouvement, le mollah Abdul Ghani Baradar, était en visite en Chine. Comme pour la venue de responsables nord-coréens dans le pays, il a fallu attendre la fin de ce voyage officiel pour que les médias anglophones chinois y fassent allusion.

Restriction sanitaire oblige, comme pour la vice-secrétaire d’État américaine lundi, la délégation talibane n’a pas été reçue à Pékin, mais dans la ville portuaire de Tianjin, à trente minutes de TGV à l’est de la capitale chinoise.

Même photo d’ailleurs sur fonds de peinture traditionnelle chinoise. Le Mollah Baradar, en tenue traditionnelle, s’est entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. D’autres images diffusées notamment sur un compte Weibo affilié à la Commission nationale pour le développement et la réforme en Chine montrent neuf représentants talibans debout aux côtés des diplomates chinois.

Les talibans auraient remercié Pékin pour ses engagements au service de la paix en Afghanistan et donner des garanties aux Chinois concernant la sécurité. Un message attendu ici alors que neuf travailleurs chinois ont été tués dans un attentat au Balouchistan.

La Chine voulait aussi être rassurée concernant le Xinjiang.

@RFI

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *