- Au Canada, plus de 2 000 résidences ont été inondées dans 130 municipalités. | Reuters
Pour faire face à d’importantes inondations, le Canada a décrété dimanche l’état d’urgence : des moyens supplémentaires vont être mis en place pour évacuer les habitants des zones inondées. Avec une aggravation des inondations dans la moitié est du canada, les évacuations se poursuivaient dimanche soir dans plusieurs localités entre Ottawa, la capitale fédérale, et l’île de Montréal.
Des milliers de personnes sont évacuées ou en passe de l’être dans la moitié est du Canada devant la montée inexorable des eaux dimanche et l’armée a triplé ses effectifs pour venir en aide aux sinistrés.
La rupture de trois petites digues provisoires à Pierrefonds, à l’ouest de Montréal en fin de nuit dimanche, a soudainement fait monter le niveau des eaux dans des zones déjà largement inondées forçant à de nouvelles évacuations et à la décision de placer une large partie de l’île de Montréal en état d’urgence.
Depuis les rives du lac Ontario (centre) et Toronto jusqu’à plus de 500 km en aval du fleuve Saint-Laurent, le niveau des eaux devrait continuer à monter, avec un pic prévu lundi ou mardi au Québec, selon le ministère de la Sécurité civile.

L’état d’urgence mis en place
« La ville de Montréal décrète l’état d’urgence pour l’agglomération » et plus spécialement pour quatre arrondissements de l’ouest de l’île, a annoncé dimanche à la mi-journée le maire Denis Coderre.
Cette mesure exceptionnelle permettra d’ordonner l’évacuation des habitants des zones inondées et sous la menace d’une montée soudaine des eaux, a expliqué le maire.
Plus d’un millier de personnes ont déjà été évacuées au Québec dont une grande majorité à Gatineau, près de la capitale fédérale Ottawa, a indiqué la cellule d’urgence du ministère provincial dans son dernier bulletin dimanche.
Plus de 2 000 résidences sont inondées et les autorités pressent les habitants à évacuer. Sur les 140 localités sinistrées le long des fleuves et rivières, 9 ont déclaré l’état d’urgence, et notamment à Montréal où un arrêté a été pris pour deux jours.

L’armée déployée en soutien
Depuis samedi l’armée a commencé à déployer 400 soldats qui contribuent principalement à acheminer des sacs de sable pour ériger des digues afin de protéger les habitations.
« Les 48 prochaines heures vont être déterminantes » avec la montée du niveau des eaux d’une vingtaine de centimètres, a déclaré le maire de l’agglomération québécoise Denis Coderre, prêt à reconduire de cinq jours l’arrêté d’état d’urgence si nécessaire.
Quelques 1 200 militaires sont déployés pour aider les services de secours, contribuant « au renforcement préventif des digues […] et des infrastructures essentielles comme les stations de traitement de l’eau et les ponts », a indiqué le ministère de la Défense.
Le Premier ministre Justin Trudeau s’est rendu dimanche à Terrasse-Vaudreuil, à 40 km à l’ouest de l’île de Montréal, « afin de constater de près les dommages causés par les inondations », a indiqué une porte-parole.
Pour les sinistrés, c’est un mélange de désespoir et de soulagement. « Nous sommes contents que l’armée soit là, nous savions qu’elle allait venir […] mais nous allons voir ce qu’il va arriver par la suite », a confié à l’AFP Donald McElligan, un habitant de la rue des Rivières à Pierrefonds, à 30 km à l’ouest de Montréal.
« J’ai pas vu cela depuis 1974 »
À quelques rues de là, Robert Robillard n’a toujours pas évacué sa maison où « environ 10 à 15 cm d’eau a envahi le sous-sol », dans la nuit de samedi à dimanche.
« J’ai pas vu cela depuis 1974 quand l’environnement n’était pas le même car il n’y avait pas autant de maisons », a-t-il indiqué.
À Rigaud, à 50 km en amont de Montréal, le maire Hans Gruenwald a annoncé un arrêté ordonnant l’évacuation obligatoire d’une centaine de maisons. Depuis maintenant près de trois semaines sous les eaux, « les gens n’ont plus la capacité physique ni la capacité morale et j’ai pris l’initiative de les évacuer », a-t-il dit sur la chaîne LCN.
Environ 400 axes routiers sont coupés, avec notamment l’autoroute 50 à Gâtineau, ou vers le centre du Québec et la Gaspésie à l’est.
Fermeture des écoles lundi
La situation est particulièrement critique à Gatineau, ville située au Québec, de l’autre côté de la rivière des Outaouais près d’Ottawa. Le débit de ce fleuve était d’environ 9 000 m3 par seconde, soit pratiquement deux fois le débit habituel pour le printemps.
Les bâtiments abritant les administrations fédérales à Gatineau resteront fermés lundi, de même que de nombreuses écoles et l’université locale.
Les services météorologiques d’Environnement Canada prévoient des précipitations se déplaçant vers la côte atlantique avec des hauteurs jusqu’à 70 mm sur la Gaspésie dans les prochaines heures.
Sur l’île de Montréal, des centres de santé ont été inondés et un pavillon de l’hôpital psychiatrique du Sacré Cœur a dû évacuer une petite centaine de patients.
Grâce à l’état d’urgence, les services de sécurité peuvent ordonner l’évacuation des habitants des zones inondées et sous la menace d’une montée soudaine des eaux, a expliqué le maire de Montréal. Des dizaines de centres d’accueil, souvent dans des gymnases, ont été ouverts pour héberger les sinistrés.
Deux hommes portés disparus
Pour le Nouveau-Brunswick, les inquiétudes restent mesurées. « En dépit des précipitations des dernières 24 heures, qui ont dépassé les 100 millimètres dans certaines régions de la province, on ne signale que des inondations mineures sans impact majeur », a indiqué dimanche l’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick.
Les intempéries ont également touché la côte pacifique et deux hommes sont portés disparus en Colombie-Britannique.
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