Au moins 65 personnes tuées et 350 autres victimes d’asphyxie après une frappe aérienne qui a émis du « gaz toxique » à Khan Cheikhoun, ville de la province d’Idlib, selon l’ONG Union des organisations de secours et soins médicaux. La France demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, a pour sa part déclaré que les auteurs de l’attaque devront « rendre des comptes ». L’ONU veut « clairement identifier » les responsables de l’attaque « chimique », déclare Staffan de Mistura.
« Ce mardi matin vers 6h30 locale, il y a eu plusieurs bombardements aériens, raconte Abou El Haythem el Hour, militant de l’opposition syrienne basé dans la province d’Idlib. La ville de Khan Chaykhoun a été ciblée par l’aviation du régime de Bachar al-Assad. Du gaz toxique a été utilisé… ». Plusieurs personnes sont rapidement décédées mais il y a eu aussi des centaines de « civils intoxiqués par ce gaz qu’ils ont respiré ».
Nouveau raid aérien sur l’hôpital
Des centaines d’autres personnes n’arrivent plus à respirer. La protection civile, les secouristes des Casques Blancs interviennent, ils évacuent les victimes vers un hôpital de cette région, sous contrôle rebelles.
Quelques heures s’écoulent les avions de combats sont de nouveau dans le ciel de la province d’Idlib. L’hôpital où sont soignées les victimes est à son tour ciblé. Il y aurait un grand nombre de morts.
L’OSDH indiquait de son côté que les personnes sont décédées en raison des effets du gaz, notamment par suffocation, mais qu’elle n’était pas non plus en mesure de donner la nature de ce gaz. Des sources médicales dans la ville ont notamment fait état d’évanouissements, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des victimes.
Appel au Conseil de sécurité
La coalition nationale, importante composante de l’opposition syrienne, accuse le « régime du criminel Bachar » d’avoir mené ce raid avec des « obus contenant du gaz chimique » et demande au Conseil de sécurité de l’ONU de convoquer une réunion urgente après ce crime et d’ouvrir une enquête immédiate ».
Une demande relayée par la France en raison des soupçons d’attaque à l’arme chimique. La France a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après une « nouvelle attaque chimique particulièrement grave » en Syrie, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Le président Hollande pointe, quant à lui, la « responsabilité morale » des « alliés » de Bachar el-Assad.
Mohammad Sabra, négociateur en chef de l’opposition, a lui affirmé que cette attaque « remet en cause » le processus de paix négocié entre le régime et les rebelles. Il regrette que « Les Nations unies [soient] incapables de faire respecter leurs résolutions, notamment la résolution 2118 relative à l’utilisation d’armes chimiques ».
Des raids à l’origine non confirmée
Staffan de Mistura a déclaré que l’ONU souhaite « clairement identifier » les responsables de l’attaque « chimique ».
Le gouvernement syrien, qui a ratifié la Convention sur l’interdiction des armes chimiques en 2013, dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320.000 morts depuis mars 2011. Pourtant, en octobre 2016, le Conseil de sécurité avait reçu un rapport concluant que l’armée syrienne avait mené une attaque à l’arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, dans la province d’idlib, le 16 mars 2015.
Source RFI