Page 25 - OPALE_Juillet2016_WEB120_V1
P. 25
D’ici et d’ailleurs D’ici et d’ailleurs
Photo : benin-ouidah-tourisme
Photos : benin-ouidah-tourisme
Ouidah
au Bénin
Ouidah, autrefois appelée Juda, est située à 42 kilo- Ouidah est aussi le centre le plus important de la
mètres de Cotonou, la capitale économique du Bénin. religion vaudou au Bénin et, peut-être même dans le
Elle a été au XVIII siècle un des principaux centres de monde, réputé pour ses pratiques religieuses encore
e
la traite occidentale. bien vivantes. Vous pourrez visiter le temple des
Gorée et ouidah Tout comme Gorée, Ouidah a sa Porte du non retour, Pythons, symbole de la sacralité de l'animal, habité
par des pythons de toute taille, serpentant en liberté
Lieux de mémoire monument commémoratif érigé sur la plage de Djèg- dans les allées, ou assister à des cérémonies vaudoues,
badji, dernière vision de millions de captifs au fil des
Gorée et Ouidah, lieux de mémoire de la traite siècles avant qu’ils ne soient emmenés à l’autre bout avec costumes et décorations du corps, danses et chants
au son de clochettes et du « Tam Tam », similaire
transatlantique, ce commerce organisé reposant de l’océan. L’ancien fort portugais, lieu de transit des au tambour d’Haïti. Haïti, Cuba et le Brésil on des
esclaves africains est aujourd'hui reconverti en musée
sur la déportation massive des Africains vers afin de perpétuer le devoir de mémoire avec des col- liens culturels des plus forts avec l'actuel Bénin, et,
les Amériques du 15 au 19 siècle, sont lections permanentes sur le commerce transatlantique aujourd'hui encore, les visiteurs peuvent voir les mêmes
ème
ème
des passages obligés pour la diaspora africaine mais aussi sur la création du Dahomey, les traditions cérémonies et goûter des plats communs.
à la recherche de son passé. En ces temps où religieuses locales, les liens culturels entre Bénin et le D'autre part, à la suite du rapatriement des descendants
des révisionnistes s’amusent à réécrire l’histoire Nouveau monde. des esclaves, des influences du Nouveau Monde furent
douloureuse des noirs, il est indispensable de se introduites dans la culture béninoise avec le retour aux
sources de certains afro-descendants. Dans les villes
rendre sur place, de s’imprégner de l’atmosphère Photo : rgrilo de Ouidah et Porto Novo on retrouve l'architecture
des lieux, revivre le parcours douloureux mais Photo : J. Franchi afro-brésilienne ainsi que le culte de la déesse de l'eau,
empreint de courage de ces millions d’hommes, « Mamiwata », importée aussi du Brésil.
de femmes et d’enfants arrachés à leur terroir.
Photo : Sunday Alamba
24 Opale magazine • Juillet 2016 Opale magazine • Juillet 2016 25

