Opale Magazine entame sa deuxième année en restant fidèle à sa ligne rédactionnelle, mode, beauté, tendances et sorties, mais en abordant aussi des sujets qui nous interpellent tous. Du contenu et moins de « pipole » comme disent les Français. Opale Magazine s’intéresse à tous les défis constants en rapport avec l’immigration et le vivre ensemble.
Au moment où la diversité culturelle, l’immigration et les problèmes d’identité nationale sont au coeur des débats un peu partout dans le monde, nous avons eu le plaisir, dans ce numéro, d’aller à la rencontre de Mme Yolande James, Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec. Dans une entrevue exclusive, elle nous a entretenus d’immigration, de son sacerdoce « aider à ouvrir les opportunités » en retour à l’amour qu’elle a reçu de ses proches. Engagée très jeune en politique, elle est une passionnée du Québec et de l’engagement communautaire. Participant à plusieurs activités des différentes communautés culturelles, nous avons eu l’occasion de la voir s’impliquer énormément dans la vie et les enjeux desdites communautés.
Dans ce numéro, nous démarrons aussi un dossier sur le cinquantenaire de l’indépendance de quelque 17 pays africains, sous forme de bilan général d’abord, puis nous vous présenterons certains de ces pays dans nos prochaines éditions. Le continent fait face à plusieurs défis et n’a plus le choix que de s’aligner vers le développement ou continuer à être constamment sous tutelle. Puissent tous les états africains négocier ce tournant majeur, pour le mieux-être de leurs populations, c’est le moment où jamais. Le continent vert est aussi à l’honneur avec la coupe du monde de soccer en Afrique du Sud. Tous les regards se sont tournés pendant la grande messe footballistique vers ce géant africain. Pour la première fois en Afrique, le ballon rond a uni le monde, comme d’habitude, et gommé, du moins pendant quelques semaines, toutes les différences. L’organisation fut belle, au-delà de toute attente, mais la participation des équipes africaines fut fort décevante. Notre correspondant en Afrique, qui a suivi toute cette compétition pour nous, nous reviendra dans notre prochaine édition pour un bilan exhaustif et un papier spécial sur la Ghana qui aurait pu réussir l’exploit d’être le 1er pays africain à aller en demi-finales.
Dans un tout autre registre, une journaliste québécoise me demandait récemment, lors d’un voyage dans notre cher continent, pourquoi on ne se définissait pas comme un magazine féminin malgré notre nom qui l’était si bien. Cette question qui nous a été si souvent posée m’amène aujourd’hui à parler du nom Opale. Nous ne l’avons pas choisi juste pour la beauté du mot ou de sa résonance féminine pour certains, mais pour la symbolique en arrière de cette pierre. L’Opale, à l’image de la race humaine, peut prendre plusieurs couleurs, noir, rouge, blanc ou jaune, mais n’en demeure pas moins belle ou précieuse; ce qui pour nous en fait une belle référence à la diversité. Chaque humain a quelque chose de précieux, un rayonnement à l’image de l’opalescence, quelle que soit son appartenance ethnique. L’Opale, ne l’oublions pas, est aussi la pierre symbolique des peuples nilotiques, en référence à nos origines.
Chez Opale Magazine, nous ne nous reconnaissons pas non plus dans le formalisme qui voudrait qu’un magazine soit catalogué féminin ou qu’il soit spécialisé, comme un magazine de « char* ». Nous pensons qu’on peut offrir une palette large, qui peut tout autant intéresser les femmes que les hommes et ne pas verser dans la pipolisation extrême, les standards et les stéréotypes. Cela sans aucune prétention et sans vouloir critiquer ce que font les autres, nous nous offrons juste le droit d’être différents. Chaque créneau est intéressant et porteur suivant ce qu’on se donne comme objectif. Le nôtre, promouvoir la diversité, le dialogue interculturel ainsi que des gens qui réalisent des choses extraordinaires, souvent dans l’ombre. C’est le choix que nous avons fait et nous sommes conscients que c’est un immense défi, sans oublier notre côté panafricaniste avec un lectorat sur trois continents, ce qui ne rend pas l’exercice plus facile. Mais un défi que certains magazines panafricains ont réussi et que nous entendons relever avec vous, fidèles et futurs lecteurs.
Khady Sow