Opale entre dans sa troisième année d’existence. Deux années de défis et bien d’autres à relever encore! Le plus récurrent est celui de continuer à exister et de prendre notre place dans le paysage médiatique canadien. Un défi commun à tous les petits éditeurs et il serait intéressant de penser à le relever ensemble. Nous représenterons alors un des trois groupes de presse les plus importants en unissant nos forces. Une autre force méconnue de nos jours est celle des consommateurs noirs, au Canada. J’ai assisté récemment à la 3e conférence sur le marketing multiculturel, à Montréal, et on y a énoncé que les Noirs, juste au Québec, représentent un pouvoir d’achat de 11 milliards de dollars par année. Un gros chiffre, mais qui ne se reflète pas aujourd’hui dans l’approche publicitaire de beaucoup de marques. Ce groupe de consommateurs est soit complètement ignoré, soit ciblé à travers des messages publicitaires qui tombent vite dans les clichés. La segmentation de cette cible est quant à elle quasi-inexistante, étant perçue comme un groupe monolithique par la plupart des marketeurs. Quant à nous, la question qui se pose est la suivante : sommes-nous conscients d’être cette force et qu’allons-nous en faire?
Qu’est-ce qui détermine nos habitudes d’achat? Est-ce que nous nous questionnons sur l’approche diversité et intégration pendant nos achats, nos transactions commerciales? Quelles marques, banques, entreprises, sont impliquées dans nos communautés? Lesquelles véhiculent des valeurs d’exclusion et devrions-nous continuer à enrichir ces dernières? Tant de questions qui peuvent nous interpeller.
Dans ce numéro d’Opale, nous annonçons malheureusement le départ de Biba Tinga pour des raisons personnelles. Opale Magazine perd une collaboratrice précieuse. Elle a tenu à vous dire adieu, elle-même, dans sa rubrique fétiche, l’Arbre à palabres. Nous lui souhaitons bonne chance et sommes de tout coeur avec elle dans son combat contre l’anémie falciforme, cette maladie qui affecte ce qu’elle a de plus précieux. Comme elle le dit si bien, cette cause mérite plus d’attention de la part de nos gouvernants, mais aussi de chacun d’entre nous. Cette affection, touchant plus particulièrement nos communautés, j’ai hâte de voir un artisteou une personnalité influente, issu de l’immigration ou pas, suffisamment interpellé pour en être le porte-voix.
Nous accueillons aussi de nouveaux collaborateurs, des talents différents, qui viennent enrichir votre magazine. Halimata Fofana, spécialisée en Littérature et Histoire ayant déjà à son actif une certaine expérience des médias, de France 3 à Africa Numéro 1, signera désormais une chronique littéraire dans notre rubrique littérature qu’on a voulu enrichir à la demande de nos lecteurs. Elle commence cet exercice avec Une si longue lettre de Mariama Bâ, et nous fera découvrir à chaque numéro un écrivain d’ici ou d’ailleurs, en donnant une importance particulière à la littérature négro-africaine.
Louisa Lafable, Poétesse Kafrine, qui se plaît à dire, je poétise donc j’existe, vient aussi enrichir l’équipe d’Opale magazine de sa belle plume que vous découvrirez dans nos prochaines éditions. Auteure du recueil de poèmes, Effets Mer ou les Empreintes de l’âme, publié aux éditions Grenier. Louisa, qui écrit aussi bien en créole qu’en français, a aussi une belle expérience journalistique. Nous vous présenterons aussi de nouvelles collaborations et une plus grande interactivité sur notre site web, avec des capsules complémentaires.
En attendant allez à la découverte de Maesha Brueggergosman, diva canadienne qui se confie à Biba Tinga, de la Turquie grâce à l’un de nos correspondants à l’extérieur du pays, de Lawrence Hill, auteur de Aminata The Book of negroes dans une belle entrevue avec Khady Mb Beye, de Stéphane Pichard, du CLD de Laval qui nous parle de la Mobilité internationale. Notre correspondant au Sénégal, Mamady Coulibaly nous parle des femmes victimes de violence en zone de conflits au lendemain du colloque de Dakar sur la question. Salamata Porque, présidente du réseau femmes et sécurité de l’espace CEDEAO, présente à Dakar, évoque les affres de la crise ivoirienne, les solutions de sortie de crise et l’implication des femmes.
Nous demeurons fidèles à notre vision, offrir une diversité dans les sujets, mais aussi dans les approches et dans les styles journalistiques. Le monde n’est pas monochrome, pourquoi les médias devraient-ils l’être? Bonne lecture.
Vos courriels et vos contributions sont les bienvenus.
N'hésitez surtout pas à nous écrire.
Ce qui vous passionne, vous concerne et vous touche, sur Opale Magazine
Formulaire d'abonnement »