Manifestations en Chine : des heurts éclatent entre des manifestants et la police à Canton

Un barrage de sécurité dans le district de Haizhu à Canton, le 11 novembre 2022. AP

A la mi-novembre, des manifestants dans le district de Haizhu avaient déjà exprimé leur colère, renversant des barrières érigées pour le confinement. Samedi et dimanche, des mouvements contre les restrictions sanitaires ont eu lieu dans plusieurs villes chinoises.

Des heurts ont éclaté dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 novembre entre manifestants et policiers à Canton, dans le sud de la Chine, selon des témoins et des vidéos sur les réseaux sociaux, après plusieurs jours de soulèvement dans le pays contre les restrictions sanitaires.

Les images, comme celles partagées par le correspondant de RFI en Chine, montrent des policiers vêtus de combinaisons intégrales blanches et équipés de boucliers anti-émeutes transparents, avançant en rangs serrés dans une rue du district de Haizhu, alors que des objets en verre sont projetés tout autour d’eux. Sur les vidéos, géolocalisées par l’Agence France-Presse (AFP), des cris sont entendus et des barricades orange et bleues sont renversées par terre.

Des personnes sont aussi aperçues en train de lancer des objets sur la police puis, sur un autre extrait, une douzaine d’individus, les mains liées, semblent être arrêtés par les forces de l’ordre. Un habitant de Canton a raconté avoir vu une centaine d’agents de police converger vers le village de Houjiao, qui fait partie du district de Haizhu, et arrêter plusieurs hommes mardi soir.

Epicentre d’un nouveau foyer épidémique

L’important système de sécurité chinois réagit aux manifestations historiques survenues ce week-end dans plusieurs villes du pays. La colère avait éclaté après près de trois ans d’une stricte politique zéro Covid, qui implique des confinements à répétition et des tests PCR quasi quotidiens de la population.

L’élément déclencheur de cette mobilisation, d’une ampleur inédite depuis les manifestations prodémocratie de 1989, a été l’incendie d’un immeuble d’habitation à Urumqi, capitale de la région du Xinjiang (Nord-Ouest), qui a fait dix morts. Des internautes ont accusé les restrictions sanitaires dans la ville d’avoir empêché l’arrivée rapide des secours, un argument balayé par les autorités.

Le district de Haizhu à Canton, où vivent plus de 1,8 million de personnes, est l’épicentre d’un nouveau foyer de cas de Covid-19 et est confiné depuis la fin d’octobre. Plus tôt en novembre, des manifestants dans ce quartier avaient déjà exprimé leur colère, renversant les barrières érigées pour le confinement et défilant dans les rues.

Selon des vidéos publiées mardi soir sur le réseau social Weibo, sorte de Twitter chinois, de longues files de voitures étaient visibles alors que les habitants se pressaient de quitter le district voisin, Tianhe. Mardi, Zhang Yi, une porte-parole de la commission de santé de Canton, a déclaré que « l’épidémie dans le district de Tianhe progressait rapidement et le risque de transmission dans la population continue d’augmenter ».

 

@Le Monde avec AFP

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