Le Nobel d’économie décerné à un trio de spécialistes de l’économie expérimentale

Annonce du prix Nobel d'économie, à l'Académie royale des sciences de Suède à Stockholm, le 11 octobre 2021. AFP - CLAUDIO BRESCIANI

Le prix Nobel d’économie a récompensé, lundi 11 octobre, trois spécialistes de l’économie expérimentale : le Canadien David Card, l’Américano-Israélien Joshua Angrist et l’Américano-Néerlandais Guido Imbens.

Le trio « nous a apporté de nouvelles idées sur le marché du travail et montré quelles conclusions peuvent être tirées d’expériences naturelles en termes de causes et de conséquences », a salué le jury Nobel.

« Leur approche s’est étendue à d’autres domaines et a révolutionné la recherche empirique », a souligné le jury du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », dernier-né des fameuses récompenses.

Pour une première moitié, le prix récompense le Canadien David Card, né en 1956, « pour ses contributions empiriques à l’économie du travail ».

Expériences naturelles

À l’aide d’expériences naturelles, Card a analysé les effets du salaire minimum, de l’immigration et de l’éducation sur le marché du travail. « Ses études du début des années 1990 ont remis en question les idées reçues, ce qui a conduit à de nouvelles analyses et à de nouvelles perspectives », selon le jury Nobel. Il a, par exemple, étudié les effets de l’immigration cubaine en 1980 quand 125 000 Cubains sont arrivés soudainement en Floride. Il a montré que cet exode n’a pas eu de conséquences sur le chômage.

Les résultats de ses recherches ont notamment montré que l’augmentation du salaire minimum n’entraîne pas nécessairement une diminution des emplois. Grâce à ses travaux, « nous avons également réalisé que les ressources des écoles sont beaucoup plus importantes pour la réussite future des élèves sur le marché du travail qu’on ne le pensait auparavant », poursuivent les jurés du Nobel.

Angrist, 61 ans, et Imbens, 58 ans, ont, eux, conjointement été récompensés « pour leurs contributions méthodologiques à l’analyse des relations de cause à effet ». Au milieu des années 1990, les deux chercheurs ont notamment démontré comment des conclusions précises sur les causes et les effets peuvent être tirées d’expériences naturelles.

Ces trois spécialistes de l’économie expérimentale vont se partager la coquette somme de 10 millions de couronnes suédoises, soit près de 990 000 euros.

L’an passé, le prix avait récompensé les Américains Paul Milgrom et Robert Wilson, deux experts des enchères dont les travaux novateurs ont notamment servi aux attributions des fréquences de télécommunications.

L’économie vient clore une saison Nobel marquée notamment par le prix de la paix à deux journalistes d’investigation, la directrice du média philippin Rappler, Maria Ressa, et le rédacteur en chef du journal russe Novaïa Gazeta, Dmitri Mouratov.

@RFI

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