Le batteur des Rolling Stones, Charlie Watts, est mort

Charlie Watts, le 14 novembre 2016. VICTORIA WILL / VICTORIA WILL/INVISION/AP

Agé de 80 ans, le musicien britannique avait annoncé son remplacement, pour des raisons médicales, lors de la tournée à venir du célèbre groupe de rock.

Le batteur des Rolling Stones, Charlie Watts, est mort à l’âge de 80 ans, mardi 24 août, à Londres, a annoncé dans un communiqué son agent, Bernard Doherty, déplorant la disparition de « l’un des plus grands batteurs de sa génération »« C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de notre cher Charlie Watts », est-il écrit. Le musicien est « mort paisiblement dans un hôpital de Londres (…), entouré de sa famille ».

Début août, l’artiste britannique avait annoncé, pour des raisons médicales, son remplacement par Steve Jordan lors de la tournée du célèbre groupe de rock qui doit commencer le 26 septembre à Saint-Louis (Missouri) pour s’achever le 20 novembre à Austin (Texas). « Charlie a subi une intervention couronnée de succès », mais ses médecins estiment qu’il a besoin de repos, avait expliqué à l’époque son porte-parole, sans autre précision.

Charlie Watts était membre des Rolling Stones depuis 1963. Avec le leader, Mick Jagger, et le guitariste Keith Richards, il faisait partie des plus anciens membres du groupe, qui a vu défiler Mick Taylor, Ronnie Wood ou encore Bill Wyman. En 2004, Charlie Watts avait été soigné pour un cancer de la gorge, dont il s’était remis après quatre mois de lutte, dont six semaines de radiothérapie intensive.

« Charlie était un mari, un père et un grand-père très apprécié », a estimé M. Doherty. « Nous demandons que l’intimité de sa famille, des membres du groupe et de ses amis proches soit respectée en ces moments difficiles », a-t-il ajouté.

C’était « l’homme le plus élégant et d’une si brillante compagnie », s’est ému en ce « jour très triste » le chanteur Elton John sur Twitter.

« Dieu bénisse Charlie Watts, tu vas nous manquer », a salué sur Facebook le batteur des Beatles, Ringo Starr, gratifiant la famille du défunt d’un « peace and love ».

Liam Gallagher, chanteur du groupe Oasis, et le groupe Kiss ont eux rendu hommage au batteur grâce à un simple « RIP Charlie Watts » sur leur compte Twitter officiel.

Une vie sereine

Charlie Watts est resté pendant plus d’un demi-siècle l’imperturbable métronome des Rolling Stones tout en nourrissant une passion pour le jazz. Avec son visage impassible et son talent unanimement reconnu en matière de rythmique binaire, l’élégant batteur offrait sur scène le parfait contrepoint aux déhanchements frénétiques de Mick Jagger et aux pitreries électriques de Keith Richards et Ronnie Wood.

Pendant que ses compères multipliaient « les divorces, les addictions, les arrestations et les folles engueulades », selon un inventaire dressé par le Mirror, Charlie Watts, le taiseux, passait une vie sereine aux côtés de Shirley Shepherd, sa femme depuis cinquante ans, et leur fille, Seraphina, dans leur haras pour pur-sang arabes du Devon, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

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Le musicien n’a toutefois pas été totalement imperméable aux dépendances du groupe : dans les années 1980, il suit une cure de désintoxication à l’héroïne et à l’alcool. Mais il assure avoir totalement décroché. « Cela a été très court pour moi. J’ai juste arrêté, c’était pas quelque chose pour moi », confiait ce musicien taciturne au Mirror en 2012.

Charlie Watts vient à la musique par le jazz. C’est son voisin qui l’initie, alors qu’il a 13 ans. Autodidacte en batterie, il apprend à jouer à l’oreille, en regardant les joueurs dans les clubs de jazz londoniens. « Je ne suis jamais allé dans une école pour apprendre à jouer du jazz. Ce n’est pas ce que j’aime. Ce que j’aime dans le jazz, c’est l’émotion. »

Modestie sans faille

Après des études d’art, il travaille comme graphiste dans une grande agence de publicité et joue, sur cachet, avec une kyrielle de groupes de jazz à Copenhague, puis à Londres. Il finit par se laisser convaincre en 1963 de rejoindre les Rolling Stones, qui n’est alors qu’une petite formation balbutiante. Tout au long de sa carrière avec les Rolling Stones, Charlie Watts continue en parallèle le jazz. Il enregistre plusieurs disques sous son nom avec un quintette (Charlie Watts Quintet) puis un dixtuor (Charlie and The Tentet Watts).

« Je suis béni, disait Keith Richards. Le batteur avec qui j’ai commencé est l’un des meilleurs du monde. Avec un bon batteur, on est libre de faire tout ce qu’on veut. » Mais Charlie Watts a toujours affiché une modestie sans faille. Pour lui, « jouer dans un quartette de jazz intimiste et dans des stades avec les Rolling Stones n’[était] pas si différent ».

Avec le temps, il est devenu indifférent, en apparence du moins, aux perspectives de séparation du groupe. « Annoncer la tenue d’un dernier concert ne serait pas un moment particulièrement triste pour moi. Je continuerai à être ce que j’étais hier ou aujourd’hui », confiait-il en 2018 au magazine New Musical Express, alors que la bande de septuagénaires préparait une nouvelle tournée.

Celui qui a été adoubé comme le douzième meilleur batteur de tous les temps par le magazine Rolling Stone reconnaissait avoir eu plusieurs fois envie de quitter le groupe. « A la fin de chaque tournée, je m’en allais. On travaillait pendant six mois aux Etats-Unis et je disais : “C’est fini, je rentre à la maison”. Puis, deux semaines plus tard, je me mettais à tourner en rond et ma femme me disait : Pourquoi ne retournes-tu pas travailler ? Tu es un cauchemar. »

@Le Monde avec AFP

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