Des mots d’ici et d’ailleurs

On a célébré la journée internationale de la Francophonie ce samedi 20 mars.
La Francophonie c’est 300 millions de locuteurs dont 140 millions de femmes sur 5 continents, et 88 états et gouvernements réunis au sein de l’organisation internationale de la Francophonie (l’OIF).
Le français c’est avant tout des mots, des accents aussi diversifiés que les peuples qui ont cette langue en partage.
Des mots qui résonnent différemment ou portent d’autres significations selon l’espace francophone où l’on se trouve. Cela peut donner des moments étranges, d’interrogations ou de fous rires.
Parmi ses mots la réponse au Merci, par « Bienvenue » au Québec. Je me souviens de mes premiers jours où après m’être fait dire « bienvenue » par tous mes premiers contacts, j’ai demandé, les yeux ronds de surprise, à mon accompagnateur, si j’avais vraiment une tête de fraîchement débarquée pour que tout le monde me souhaite la bienvenue ou les Québécois étaient particulièrement accueillants. Il a bien ri avant de m’expliquer que c’était la formule pour dire « je vous en prie ».
On apprend aussi vite au Québec que les chars sont des voitures de M., Mme tout le monde et non de l’équipement militaire, que les slips sont pour la paye et que sous nos vêtements par ici ce sont plutôt des bobettes. Cela me rappelle un autre souvenir, à l’université de Montréal, pendant un cours de relations industrielles. Un professeur nous présentait un exemple avec une fabrique de bobettes, et mon voisin de droite, un jeune libano-sénegalais, m’a demandé au bout d’un moment mais c’est quoi son histoire de « bobettes » !!! Et moi d’avoir le plaisir de répondre aux yeux ronds cette fois-ci :  » ah ici on porte des bobettes, c’est le mot pour slip » et quand on utilise slip c’est pour des slip de paye (talon de paye)…
Le mot… gosse…Tout un mot. Un mioche, un garçon, une fille, un flo vous diront certains mais tellement autre chose au Québec…
Des jeunes de l’Afrique subsaharienne étaient venus participer à la dictée PGL, il y a de cela un peu moins de 10 ans. Parmi eux mon neveu, qui représentait le Sénégal avec une autre jeune compatriote. Ils logeaient tous dans un hôtel, au coeur de Montréal. Des jeunes Sénégalais, Maliens, Nigériens, Burkinabés…
Je savais qu’ils mangeaient la plupart du temps dans les restaurants proches de l’hôtel, hamburgers et poulets, mais qu’ils aimeraient aussi bien avoir un bon plat africain. Alors je leur ai préparé un Ceebu yaap (riz à la viande) un jour, que je remis au soin du responsable Sénégalais, qui s’occupait des deux représentants de mon pays d’origine. En leur rendant visite le lendemain ou surlendemain, je ne sais plus, je suis tombée sur un autre des responsables de la sous-région, qui m’accosta chaleureusement… « Ah Mme Sow, merci vraiment ! Une délicate attention. Bien appréciée. Les gosses étaient très contents, vraiment. C’était très bon. Et depuis qu’on est là les gosses n’avaient pas mangé du thieb (riz). .. » et c’était « les gosses » … « les gosses » et encore les « gosses » pendant un bout. Je ne vous dis pas les sourires en coin, de gens « locaux » qui passaient dans le hall où la conversation se tenait. Au bout d’un moment je souris et entrepris d’expliquer, avec précaution et à voix assez basse au responsable, qui était quand même d’un certain âge, le sens du mot « gosse » au Québec ‍♀️‍♀️‍♀️. Un rire pour cacher la gêne du moment, et une petite blague sur le sens des mots d’un pays à l’autre plus tard, je suis allée prendre mon jeune neveu pour l’amener passer une soirée à la maison.
Le lendemain quand je revis mon interlocuteur à l’hôtel, il m’a avoué que notre conversation lui était revenu le soir et qu’il riait tout seul dans son lit, en pensant à ce moment cocasse.
Pour ne pas en rajouter, je me retiens de lui dire que ce n’était pas moi qui allait le gosser avec ça … eh oui le mot se conjugue, même au participe présent; pas mal gossant !
Il y a tout un vocabulaire qui vient avec l’hiver aussi, « la sloche » « fait frette » mais un Suisse est quand même arrivé à me surprendre en sol québécois en me parlant de « gonfles »…pour « bancs de neige » ou « congères ». Une autre, qui se reconnaîtra aussi m’a toujours fait sourire avec son « adieu » pour « bonjour » ou « allô »… ça risque de faire des conversations courtes hein ? Cela fait penser au « s’il-vous plaît » belge en réponse à Merci comme situation cocasse. Une chose qu’on a en commun avec les Belges, on dîne (ou lunch) à midi et on soupe le soir, mais bien plus tôt !
Bonne semaine de la Francophonie chers/chères tous/toutes.

Khady Sow

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