Dix ans après la révolution, l’inextricable bourbier libyen

Les troupes libyennes défilent à Tripoli à l'occasion de la fête marquant l'indépendance du pays, le 24 décembre 2020. Mahmud TURKIA AFP/File

Une décennie après le début du soulèvement contre Mouammar Kadhafi le 17 février 2011, la Libye est exsangue, minée par les conflits armés, rongée par la mainmise des puissances étrangères et les divisions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le 17 février 2011, à Benghazi, suite à deux jours de manifestations qui réclament la libération de l’avocat et militant des droits de l’homme, Fathi Terbel, une foule de 600 personnes se rassemble devant le poste de police principal de la ville. Les manifestants sont violement réprimés. Cela n’arrête pas la protestation qui s’élargit et se poursuit pour devenir quotidienne. La police quitte la ville et le régime de Kadhafi, depuis Tripoli, promet de punir Benghazi. Très vite, la rébellion gagne plusieurs villes de l’est libyen. Des renforts sont envoyés de Tripoli à l’est mais sont stoppés à Ras Lanouf, dans le croissant pétrolier, à quelque 600 kilomètres de Benghazi. Des combats y opposent pendant plusieurs semaines l’armée et les rebelles. À Misrata aussi, des combats opposent les forces du régime et les révolutionnaires qui ont pris les armes.

La communauté internationale adopte, le 17 mars 2011, au conseil de sécurité des Nations unies, la résolution 1973 qui permet d’intervenir militairement en Libye pour imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de ce pays et « protéger la population civile libyenne ». Cette coalition, dirigée par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, mène des centaines des frappes visant les positions du régime.

Le 20 août 2011, les révolutionnaires armées font leur entrée à Tripoli qu’avaient fuit Mouammar Kadhafi et les influents membres de son régime. Le « Guide » s’installe à Syrte, où les combats se poursuivent. Le 20 octobre 2011, des avions américains et français frappent le convoi de Mouammar Kadhafi, qui tentait de quitter Syrte. La tête du régime tombe. En plus de Mouammar Kadhafi et de l’un de ses fils, quelque 80 responsables du régime sont liquidés sur-le-champ par les révolutionnaires, aidés par l’aviation de l’Otan.

La chute du régime du colonel Mouammar al-Kadhafi en Libye, après 42 ans de règne, fait sombrer le pays dans une décennie de violences et de souffrances meurtrières. Une lutte acharnée pour le pouvoir et la légitimité est alors lancée. Des acteurs, qui ont été écrasés sous le poids du pouvoir dictatorial, tentent alors de conquérir le pouvoir. Plusieurs guerres ont lieu, mettant à mal les rêves de démocratie. Le pays plonge dans un conflit armé complexe, attisé par des ingérences étrangères multiples et contradictoires. En lieu et place de la démocratie souhaitée, le pays s’enfonce dans l’anarchie.

@RFI

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