Covid-19: l’Afrique du Sud envisage de vendre ou d’échanger ses vaccins AstraZeneca

Une dose de vaccin AstraZeneca. AP - Valentina Petrova

L’Afrique du Sud a déjà suspendu sa campagne de vaccination. En cause, une efficacité qui serait limitée face au variant sud-africain du coronavirus.

Pays officiellement le plus touché du continent par la pandémie de coronavirus, l’Afrique du Sud s’est dite prête ce mercredi à revendre ou échanger ses lots avec des pays touchés par la souche originelle de coronavirus. « Les vaccins seront échangés avant la date d’expiration », a déclaré le ministre sud-africain de la Santé, en assurant qu’« il y a déjà des pays qui demandent de le leur vendre ».

Des doutes sur l’efficacité du vaccin sur les formes modérées de la maladie

L’Afrique du Sud se bat depuis des semaines contre un variant plus contagieux du Covid-19, et le sentiment parmi la population est qu’il ne faut pas tergiverser. La décision de suspendre la campagne de vaccination est mal comprise. Le problème pour les autorités, c’est que l’efficacité du vaccin AstraZeneca n’est pas démontrée contre les cas légers et modérés, selon un essai.

Sauf que cet essai a été mené auprès de seulement 2 000 personnes. Un échantillon trop limité pour en faire une conclusion fiable, estime le professeur Alex Van Den Heever, de l’université Witwatersrand à Johannesburg : « L’essai a exclu tous les groupes à haut risque, et il n’y avait que 2 000 participants au lieu de 20 000, par exemple. Et parce qu’ils ont exclu tous les groupes à haut risque, la seule chose qu’ils cherchaient à savoir, c’était si le vaccin allait prévenir, oui ou non, une contamination, dont une maladie bénigne en est un indicateur indirect. »

Un changement de stratégie coûteux

Autrement dit, l’essai n’a pas cherché à vérifier si le vaccin AstraZeneca était efficace contre les maladies graves, car ces patients-là n’ont pas fait partie de l’étude. Le professeur Van Den Heever estime donc qu’il est trop tôt pour jeter le vaccin à la poubelle. De son côté, le gouvernement sud-africain voudrait miser sur le vaccin Johnson&Johnson, censé être plus efficace, et un vaccin à dose unique. À l’heure actuelle, neuf millions de doses ont été commandées, dont une première livraison, et en petite quantité, est attendue la semaine prochaine, souligne le ministère de la Santé.

Le cas d’AstraZeneca soulève néanmoins une question urgente pour les autorités sanitaires : que faire si un vaccin se montre impuissant face aux nouveaux variants ? L’objectif de l’Afrique du Sud est de vacciner 67% de sa population d’ici la fin de l’année. Mais cette campagne de vaccination a été retardée et est maintenant perturbée par cette nouvelle souche locale. Un changement de stratégie, à savoir acheter de nouveaux vaccins, pourrait se révéler très coûteux.

@RFI

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*