Mike Pompeo se rend dans une colonie israélienne, une première pour un chef de la diplomatie des Etats-Unis

Mike Pompeo, le 18 novembre à Jérusalem. MENAHEM KAHANA / AFP

Il s’est rendu jeudi au vignoble Psagot, dont les bureaux sont situés dans une zone faisant partie des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.

Il s’agit de la première visite d’un chef de la diplomatie américaine dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée. Mike Pompeo s’est rendu, jeudi 19 novembre, au vignoble Psagot, dont les bureaux sont situés dans la zone industrielle de Shaar Benjamin, qui fait partie des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, ont confirmé ses services. Il doit également effectuer un déplacement également inédit sur le plateau du Golan syrien annexé.

Sous l’administration de Donald Trump, les Etats-Unis ont affiché un soutien inégalé à l’Etat hébreu avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, l’approbation de la souveraineté israélienne sur la partie du plateau du Golan prise à la Syrie en 1967 et un appui à la colonisation en Cisjordanie.

La colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens a connu un vif essor, ces dernières années, sous l’impulsion de M. Nétanyahou et depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Plus de 450 000 Israéliens vivent dans des colonies, jugées illégales par le droit international, en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967 et où vivent environ 2,8 millions de Palestiniens.

En novembre 2019, il y a presque un an jour pour jour, M. Pompeo avait affirmé que ces colonies n’étaient plus, selon Washington, contraires au droit international. « Pendant longtemps le département d’Etat a pris la mauvaise approche sur les colonies, ne reconnaissant pas l’histoire de ce [territoire] spécial. Aujourd’hui, le département d’Etat défend avec vigueur la reconnaissance que les colonies peuvent être légales (…) », a-t-il réitéré jeudi.

« Nous allons prendre des mesures immédiates »

Au vignoble israélien Psagot, situé entre Jérusalem et Ramallah, Yaakov Berg avait, en 2019, débouché de bonnes bouteilles en l’honneur de M. Pompeo. Un an plus tard, il a confié avoir préparé une cuvée Pompeo, dont l’étiquette est bonifiée du hashtag « #madeinlegality » (conçu légalement)Ce vigneron vend l’essentiel de sa production à l’étranger, aux Etats-Unis et en Europe notamment, mais est au cœur d’une bataille politico-judiciaire sur le statut des colonies.

En 2016, une décision française l’a obligé à un étiquetage différencié des produits provenant des territoires occupés par Israël. Ces produits ne pouvaient être qualifiés comme étant originaires d’Israël mais des colonies israéliennes. Le différend a été porté à la Cour européenne qui a validé la décision française en soutenant que les produits des colonies devaient être labellisés comme tels.

Mais Mike Pompeo a renversé l’équation, non seulement en changeant la politique des Etats-Unis sur les colonies mais en se rendant lui-même sur place, une première pour un secrétaire d’Etat. Il a, dans le même temps, affirmé que la campagne de boycottage BDS (Boycott Desinvestissement Sanctions) de l’Etat hébreu, qui comprend le boycott des produits des colonies, était jugée « antisémite » par les Etats-Unis.

« Nous allons prendre des mesures immédiates pour identifier des organisations impliquées dans la campagne de haine menée par le BDS et retirer le soutien américain à ces groupes », a ajouté M. Pompeo.

« Une simple reconnaissance de la réalité »

Ses propos ont aussitôt été dénoncés par des organisations de défense des droits de l’homme comme Human Rights Watch. « Si les relations internationales se basent sur des bouteilles de vin, alors c’est la mort de la diplomatie », a dénoncé plus tôt cette semaine le premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh.

Après la visite dans la colonie, Mike Pompeo doit se rendre sur le Golan, pour la première visite d’un secrétaire d’Etat dans ce territoire syrien occupé par Israël depuis 1967. « Aujourd’hui, j’aurai la chance de visiter le Golan. La simple reconnaissance de [ce territoire] comme faisant partie d’Israël était une décision d’une importance historique du président Trump en même temps qu’une simple reconnaissance de la réalité », a déclaré M. Pompeo lors d’un point de presse à Jérusalem avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

En mars 2019, les Etats-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire stratégique au carrefour du Liban et de la Syrie, une mesure dénoncée par de nombreux Etats.

@Le Monde avec AFP

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