« This is America » (Jour J) : Les Américains votent, deux salles deux ambiances pour Trump et Biden et une soirée agitée

Un bureau de vote dans le Minnesota, le 3 novembre 2020. — KEREM YUCEL / AFP

Venez (voter) comme vous êtes

Ils sont venus, mais seront-ils tous là ? Des millions d’électeurs américains sont attendus en personne dans leurs bureaux de vote, ce mardi. Si certains Etats ont d’ores et déjà atteint leur niveau de participation de 2016 rien qu’avec le vote anticipé (Texas, Hawaï, Montana), dans d’autres, de longues files d’attente devraient se former dans la journée, comme c’est déjà le cas sur la côte Est.

L’ampleur de ces files d’attente pourrait bien être décisive pour connaître le prochain locataire de la Maison Blanche. Davantage d’électeurs enregistrés comme démocrates ont demandé à voter par anticipation, le camp républicain espère donc que les électeurs se montreront nombreux. Et les démocrates, qui rêvent de remporter à la fois la Maison Blanche et le Congrès, aussi.

Pour venir voter, les Américains doivent braver la peur du coronavirus, mais aussi la crainte de possibles violences ou intimidations dans les bureaux de vote. Des observateurs du scrutin sont déployés dans de nombreux endroits, partout dans le pays, afin de s’assurer que tout se déroule bien.

So let’s dance, the last dance

Deux salles et toujours deux ambiances pour Joe Biden et Donald Trump. En cette première journée post-campagne, les deux candidats ont choisi de faire les choses différemment. Joe Biden a tenu à se rendre à l’église chez lui, dans le Delaware, avec sa femme Jill et deux de ses petites filles, avant de se recueillir sur la tombe de son fils Beau, mort d’un cancer en 2015. Il doit ensuite se rendre à Scranton, en Pennsylvanie (tiens tiens) où il a vécu jusqu’à ses 10 ans, pour la troisième visite dans ce « swing state » en… trois jours. Pas question de refaire la même erreur qu’Hillary Clinton en 2016. Joe Biden finira ensuite la journée par un discours dans le Delaware en compagnie de Kamala Harris.

Donald Trump, de son côté, a commencé la journée par une interview sur Fox News, réaffirmant avoir toutes ses chances de gagner et assurant qu’il remporterait « au moins 306 grands électeurs ». Selon ses propres termes, il devrait ensuite passer des coups de fil « à des gens très importants et qui l’ont soutenu ». Après une visite à Arlington, en Virginie, il devrait rentrer à la Maison Blanche où une soirée est toujours prévue ce mardi. Quatre cents personnes, qui seront toutes testées au coronavirus, selon des officiels, sont attendues sur Pennsylvania avenue ce mardi soir…

Ça continue encore et encore (c’est que le début ? D’accord d’accord)

Une petite couche avant de finir. Donald Trump a réaffirmé lundi soir, pour son dernier meeting de campagne, que le vote par correspondance pouvait favoriser les fraudes électorales. Pour ceux qui n’auraient pas encore bien compris le message que le chef d’Etat n’a cessé de marteler ces dernières semaines.

Donald Trump a indiqué être particulièrement inquiet pour… la Pennsylvanie, et Philadelphie plus précisément mais sans préciser à quoi il faisait référence. « Je m’inquiète beaucoup concernant la Pennsylvanie. Philadelphie est connue pour des problèmes électoraux. Vous le savez, nous le savons depuis des années… Je m’inquiète de voir que la justice autorise à dépasser le délai du 3 novembre, (pour comptabiliser les bulletins envoyés par correspondance), cela peut entraîner des problèmes. C’est très dangereux pour notre pays », a déclaré le président américain.

Plusieurs médias ont indiqué que Donald Trump pourrait annoncer sa victoire dès ce mardi soir s’il apparaissait en tête des premiers résultats, alors même que les votes anticipés par correspondance n’auraient pas encore été dépouillés. Une stratégie qui viserait à créer de la confusion auprès des électeurs. Un peu plus tôt dans la semaine, le président américain avait confié que dès que le scrutin serait terminé, il enverrait ses avocats en Pennsylvanie.

De quoi faire redouter à tout le pays une bataille… judiciaire. Et peut-être pas que. Plusieurs gouverneurs ont demandé le déploiement de la garde nationale, redoutant des violences ce mardi soir. Des barrières devraient également être dressées devant la Maison Blanche à Washington D.C.

@20 Minutes

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