Crise politique au Mali: les questions constitutionnelles et politiques à l’agenda de la Cédéao

L'ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, conduit la délégation de la Cédéao missionnée au chevet du Mali Reuters/Tiksa Negeri/Files

À Bamako, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) poursuit sa mission de médiation pour tenter de faire retomber les tensions déjà, puis trouver une issue à la crise.

C’est Goodluck Jonathan, l’ex-président du Nigeria qui emmène cette importante délégation. Ce mercredi, l’ancien président a notamment rencontré l’imam Dicko, personnalité incontournable au sein du M5, le mouvement de contestation qui annonce qu’il annule le rassemblement à haut risque de demain, un rassemblement de recueillement pour les 11 victimes du week-end dernier.

Les leaders de la contestation ont fait ce geste pour donner des gages à la médiation ouest-africaine.Il y a déjà eu plusieurs interventions, notamment celles des représentants de l’ONU et de la Cédéao, mais également celles des chefs d’Etat de la sous-région, par exemple le président ivoirien Alassane Ouattara. Le rassemblement de l’opposition, annoncé pour ce vendredi, a été annulé, mais il y aura des prières dans toutes les mosquées du Mali pour honorer la mémoire des victimes tuées lors des derniers évènements.

L’un des points clés de cette crise, c’est l’invalidation d’une trentaine de sièges par la Cour constitutionnelle, que la Cour avait donnés entre autres au parti au pouvoir. Des experts de la Cédéao, notamment constitutionnalistes, sont là pour parler des problèmes soulevés par l’arrêt de la Cour décrié. Les députés maliens recalés, qui s’estiment victimes de la Cour, vont être reçus et auront un quart d’heure de parole. L’idée, d’après nos sources, est de voir comment les remettre dans leurs droits sans tout bouleverser : sur les 147 députés de l’Assemblée nationale, 30 députés se disent « victimes » de la Cour constitutionnelle.

La délégation de la Cédéao comporte également des groupes d’experts uniquement chargés des questions politiques. Les questions de gouvernance, les revendications politiques de l’opposition et plus globalement, la future architecture gouvernementale pour le Mali sont à l’agenda de la délégation.

Dans les rues de Bamako, les tensions ont baissé pour le moment. La nuit a été calme. C’est la première nuit véritablement calme depuis près d’une semaine.

© RFI

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*