Christelle Biteghe : d’Ingénieure à créatrice d’accessoires de mode africaine.

Christelle Biteghe @julietarosibel

Waly Access est une marque d’accessoires et de vêtements modernes faits à la main au Québec, à partir du tissu africain Wax. « Waly » est le mot Obamba (une langue du Gabon) pour dire « beauté ». Pour en savoir plus sur ces produits et l’histoire de la marque, nous sommes allés à la rencontre de sa créatrice, Christelle Biteghe.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Je suis Christelle, née il y a 36 ans à Paris, vivant toute mon enfance au Gabon pays dont je suis originaire et au Canada depuis mes 19 ans. Ingénieure de formation, épouse et mère de 2 filles.

Parlez-nous de votre parcours

Je suis arrivée au Canada, plus précisément à Trois-Rivières,pour mes études universitaires en Décembre 2001. J’ai fini mon Bac en Génie Mécanique, ensuite je me suis laissée tenté par l’informatique donc j’y ai terminé un certificat. J’ai travaillé 3 ans dans le domaine informatique, comme technicienne informatique mais ensuite le génie m’a rappelée et depuis, je suis restée dans ce domaine.

Depuis quand créez-vous et depuis combien de temps Waly Accessoires existe?

À 30 ans, après avoir mis au monde ma deuxième fille, j’ai fait une introspection de ce que je suis en tant que femme noire et cela s’est soldé par une coupe de mes cheveux … ce que l’on appelle « Big Chop ». Une fois mes cheveux courts j’ai décidé de créer des bijoux pour m’aider à assumer ce nouveau style capillaire.  Avec beaucoup d’encouragement de mes proches et amis, Waly Access naissait en 2012.

Alors, quel type d’objets créez-vous?

Je me spécialise en accessoires ethniques pour femmes, hommes et enfants. Et pour agrémenter le tout quelques collections de vêtements également.

Qu’est-ce qui inspire vos créations ?

Mes créations sont avant tout inspirées de ce que je suis : une Africaine. Je puise beaucoup dans mes racines. Les formes, les textures, les couleurs. Et à cela je rajoute un coté plus moderne…un pont entre la gabonaise et la nouvelle canadienne que je suis.

Que recherchent les personnes qui achètent vos créations?

L’originalité avant tout, je pense, dans ce monde où tout se veut standard. Les gens ont besoin de sortir des sentiers battus, du classique. Alors mes accessoires offrent cette possibilité. Aussi la diaspora a ce besoin de se rapprocher de ce qui lui rappelle la terre mère, le continent africain. Faisant partie moi-même de cette diaspora, je comprends ce besoin et je travaille pour le combler.

Comment se démarque-t-on dans un milieu qui s’agrandit, avec de plus en plus de créateurs ?

Être et surtout rester soi-même. C’est vrai dans toutes les sphères de la vie, mais ça l’est encore plus en affaires. Car de nos jours, les gens ont besoin d’authenticité, ils n’achètent pas un produit …mais une histoire.

Des projets pour l’avenir ?

Oui bien sûr, j’ai parlé de pont entre l’Africaine et la Néo-Canadienne. À Long terme, je voudrais que ce pont soit plus qu’une simple idée dans un design mais quelque-chose de plus physique, de plus concret. J’y travaille.

Avec mon amie designer Shirly Delva de Etnika Accessoires, nous avons initié le Noël Afrolicious, une vente privée de Noël qui a lieu à Montréal depuis deux ans. Pour notre 2e édition, en décembre 2019, nous avions comme entrepreneures invitées les marques Fro Chéri et Poupées D’or.

Pour terminer, qu’est-ce que les notions de diversité, vivre ensemble évoquent pour vous?

Si Dieu nous avait créé tous identiques nous serions des robots. Je pense que la diversité est avant tout une force, une richesse, mais nous devons respecter avant tout nos différences pour garantir une cohésion sociale.

Merci d’avoir répondu à nos questions

Merci pour votre invitation.

*Face à la crise sanitaire due au coronavirus (COVID-19), la compagnie Waly Access a, comme d’autres, entrepris de fabriquer des masques de protection, confectionnés à partir du Wax.

Pour en savoir plus sur les produits Waly Access, visitez leurs pages Facebook, Instagram et Etsy : @Waly Access.

 

Propos recueillis par Myriam Matondo Nkenda

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