Les eaux somaliennes, eldorado de la pêche illégale

Selon les experts, les Somaliens pêchent 63 000 tonnes de poisson par an. Les bateaux étrangers en prennent plus de 100 000. La pêche illégale a été l’un des éléments déclencheurs de la piraterie. AFP/Mohamed Abdiwahab

Une enquête menée dans les eaux somaliennes par plusieurs ONG révèle que s’y déroule la plus grande opération de pêche illégale en cours actuellement dans le monde. Mogadiscio avait mandaté des organisations spécialisées pour évaluer l’ampleur des opérations de bateaux étrangers le long de ses côtes. L’étude menée de janvier 2019 au 24 avril dernier a révélé la présence d’environ 200 navires pêchant au large de la Somalie en toute illégalité.

Les décennies de guerre civile et le manque de moyens des autorités ont fait des côtes somaliennes un eldorado de la pêche illégale. Un phénomène à l’origine de la piraterie maritime dans la région, mais qui n’avait jamais été vraiment évalué.

Sur la période étudiée, les ONG Global Fishing Watch et Trygg Mat Tracking ont ainsi comptabilisé près de 200 navires opérant sans aucune autorisation. Ils sont pour l’écrasante majorité iraniens. Certains viennent aussi d’Inde, du Pakistan et du Sri Lanka.

Une découverte fruit de plus d’un an d’études d’images satellite capables de distinguer des navires en métal, même à travers les nuages. Les criminels ont également été repérés à cause de leur utilisation de plus en plus fréquente de l’AIS, un système anticollision transmettant leurs positions en permanence.

Pour Duncan Copeland, chef analyste à Trygg Mat Tracking, « le nombre de bateaux est énorme, au-delà des capacités de n’importe quel programme national de surveillance. Ça va vider les stocks de poisson », dit-il.
Le ministre somalien de la Pêche a prévenu que « ces activités illégales ne seraient pas tolérées. Elles menacent la sécurité alimentaire, l’économique et l’environnement du pays ». Un dossier a été déposé à la Commission des Thons de l’Océan Indien. Les pays concernés, et notamment l’Iran, ont 60 jours pour enquêter et prendre des mesures.
© RFI

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*