Le Gaming

Gameplay / @League of Legends

Les compétitions de jeux vidéo encore appelé e-sport ou gaming sont devenus une tendance grandissante.

On ne parle pas ici de jouer à des jeux vidéo  une fois de temps en temps,  seul, avec des amis ou en famille comme c’est le cas pour 61% des Canadiens (statistique de 2016). On parle bien de compétition.

Considéré comme un sport ou une « sous-industrie du sport » par certains commentateurs, le sport électronique a même une ligue professionnelle à laquelle adhèrent des cyberathlètes d’une vingtaine de pays :   l’Overwatch League, créé en 2016. Au Québec, on a la Fédération québécoise de sports électroniques (FQSE). Il faut comprendre aussi que les différentes compétitions sont souvent reliées à un jeu vidéo en particulier. Il existe par exemple la Coupe du monde  Fortnite dont la finale a eu lieu en 2019 à New-York.

On dit également que c’est un sport qui rapporte gros : à ceux qui compétitionnent mais aussi aux grandes compagnies mondiales qui s’y associent et misent gros en signant des contrats de partenariats des plus intéressants. Les revenus des champions de tournoi de jeux vidéo pourraient dépasser ceux de certains champions de compétitions sportives classiques comme le tennis, par exemple.

Quel public ?

Le public des compétitions de jeux vidéo est, sans aucune surprise, assez jeune. Un public jeune qui, selon André Richelieu, professeur en marketing du sport à l’UQAM, « n’est pas nécessairement attiré par le sport traditionnel (…) des jeunes hommes entre 18 et 30 ans », disons, qui ne sont pas vraiment fans des médias classiques, soit la télévision câblée ou encore des journaux papier mais qui préfèrent les jeux électroniques.

Tout ça c’est bien beau, mais si vous êtes comme moi, vous avez dû vous demander : les jeux vidéo est-ce vraiment un sport? Là-dessus, les avis sont partagés, mais on sait que pour prendre part à des compétitions, donc pour accéder à un niveau professionnel, cela nécessite beaucoup d’entrainement, de longues heures de jeu régit par des règles, pouvant aller jusqu’à 10 ou 12h par jour, aux dires de compétiteurs, ce qui ne serait évidemment très éprouvant comme effort physique pour le corps. C’est une activité qui mobilise beaucoup plus le mental que le physique.

« En fin de compte, les cyberathlètes font plus d’efforts physiques qu’un professionnel du tir à l’arc ou même de golf, par exemple, et ces deux activités sont reconnues comme sports olympiques » selon Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation à l’université de Montréal.

Au Québec on a aussi des champions. On peut penser au  jeune Québécois, de son nom de guerre NRG Zayt, qui a remporté en duo le Tournoi Fortnite en Pologne en 2019, avec l’Américain Ghost SAF; ou encore au Sherbrookois de 20 ans Philippe Laflamme, surnommé Vulcan dans le monde des jeux vidéos, qui a pris part aux championnats mondiaux de League of Legends. Les services du jeune joueur viennent d’être achetés pour la modique somme de 1,5 million de dollars lors de l’ouverture du marché des agents libres

Alors que l’on soit d’accord ou pas, le sport électronique interroge presqu’autant qu’il intéresse de plus en plus les compétiteurs mais également les compagnies qui les sponsorisent. Les clubs de sport traditionnel (NBA, MLS, LNH) ne sont pas en reste et organisent des événements sportifs électroniques basés sur leurs propres jeux et vont jusqu’à embaucher des compétiteurs professionnels pour les représenter au sein de ces compétitions.

Est-ce qu’on ne devrait quand même pas se questionner sur les effets d’un point de vue social. Notamment les effets sur la santé; les entrainements nécessitant une exposition prolongée aux écrans et une forte exigence mentale alors que l’exposition croissante et prolongée aux écrans est de plus en plus décriée par les spécialistes, notamment chez les plus jeunes. On peut aussi évoquer la sédentarité que nécessite ce type d’activité.

La persévérance scolaire est aussi mise à rude épreuve ; on n’a pas besoin d’une étude scientifique pour conclure que si on a besoin de passer des dizaines d’heures à s’entrainer, cela ne laisse pas beaucoup de place aux études et, le rapport à l’argent qui selon moi vont ensemble, car si on gagne des revenus importants, est-ce qu’on aspire encore à se scolariser pour apprendre un métier? Par contre, il serait difficile  de dire que c’est de l’argent facile, car les efforts déployés demeurent tout de même importants.

La table est mise pour des réflexions  sur notre société.

 

Myriam Matondo Nkenda

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