Coronavirus dans le monde : face aux menaces américaines, l’OMS accepte une enquête sur son action

Le siège de l'OMS à Genève Fabrice Coffrini AFP/Keystone/Archives

Cette évaluation, dont les contours demeurent flous, devra passer au crible « les mesures prises par l’OMS face à la pandémie de Covid-19 et leur chronologie ».

Face aux accusations et aux menaces de boycott américaines, les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont décidé mardi 19 mai de lancer une « évaluation indépendante » de la réaction de l’agence onusienne à la pandémie. Le Covid-19 a fait au moins 320 255 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse (AFP) à partir de sources officielles, mardi 18 mai en début de soirée

Accord pour une « évaluation indépendante » de la réponse de l’OMS à la pandémie

Lors d’une téléconférence inédite consacrée à la maladie, les 194 pays membres de l’organisation ont convenu de lancer « au plus tôt (…) un processus d’évaluation impartiale, indépendante et complète » de l’action internationale engagée face à la pandémie. Cette évaluation, dont les contours demeurent flous, devra passer au crible « les mesures prises par l’OMS face à la pandémie de Covid-19 et leur chronologie ».

Cet accord, trouvé avec l’aval de la Chine et des Etats-Unis, se veut une réponse aux accusations du président Donald Trump qui juge l’OMS inféodée à Pékin et lui a lancé un ultimatum d’un mois, sous la menace de quitter cet organe dont les Etats-Unis étaient traditionnellement le premier contributeur. « Si l’OMS ne s’engage pas à des améliorations notables dans un délai de 30 jours, je vais transformer la suspension temporaire du financement envers l’OMS en une mesure permanente et reconsidérer notre qualité de membre au sein de l’organisation », a-t-il tweeté dans la nuit de lundi à mardi.

Pékin a répliqué en accusant M. Trump de chercher à « se soustraire à ses obligations » envers l’organisation et de « salir les efforts de la Chine face à l’épidémie ».

La résolution adoptée mardi prévoit que l’enquête peut envisager « des missions scientifiques et de collaboration sur le terrain ». La Chine s’est déclarée ouverte à une enquête indépendante, mais pas avant la fin de la pandémie.

Le Brésil s’enfonce dans la crise sanitaire et politique

Funérailles d’un homme brésilien, mort du Covid-19, à Rio de Janeiro, lundi 18 mai. RICARDO MORAES / REUTERS

Avec 674 nouveaux décès entre lundi et mardi, le Brésil déplore désormais officiellement 16 792 morts, soit le sixième bilan national au monde. Les chiffres sont toutefois très vraisemblablement en dessous de la réalité.

Tandis que la pandémie avance dans ce pays de 210 millions d’habitants, le ministère de la santé est occupé par un intérimaire, le général Eduardo Pazuello, qui a succédé vendredi à l’oncologue Nelson Teich, démissionnaire au bout de vingt-huit jours du gouvernement du président Jair Bolsonaro, qui qualifie le Covid-19 de « petite grippe ».

Le premier ministre russe de retour à son poste après sa contamination

Près de trois semaines après son hospitalisation en raison du Covid-19, le premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine, a repris ses fonctions mardi. Un décret du président, Vladimir Poutine, met fin aux fonctions de chef de gouvernement par intérim confiées le 30 avril à Andreï Beloousov, réinstaurant celles de M. Michoustine. Le Kremlin ne précise cependant pas si l’intéressé a achevé sa convalescence et s’il a quitté l’hôpital.

Le premier ministre, qui n’a jamais été placé en réanimation, avait continué à apparaître de temps en temps à la télévision, travaillant malgré son hospitalisation. Lors de sa dernière visioconférence, lundi, il avait annoncé que la Russie avait « réussi à arrêter la croissance de la morbidité », mais que la situation restait néanmoins « compliquée ». Le pays a recensé mardi moins de 10 000 nouveaux cas, pour le quatrième jour d’affilée, et 115 décès ont été enregistrés lors des dernières vingt-quatre heures. Le bilan atteint désormais 2 837 morts.

Plus de 41 000 morts au Royaume-Uni

Plus de 41 000 personnes sont mortes du Covid-19 au Royaume-Uni, dont près de 10 000 dans les maisons de retraite, a annoncé mardi le bureau national des statistiques britannique (ONS). Au total, 41 020 morts dont la maladie Covid-19 était la cause mentionnée sur le certificat de décès sont survenues dans le pays jusqu’au 8 mai, un bilan bien plus lourd encore si l’on y ajoute les milliers de décès enregistrés depuis.

Le décompte hebdomadaire de l’ONS est bien plus large que celui du ministère de la santé britannique, annoncé quotidiennement et qui se concentre sur les morts de personnes testées positives au coronavirus. Ce dernier atteignait 35 341 décès (+ 545) mardi, maintenant le Royaume-Uni à la place du deuxième pays au monde le plus endeuillé par le virus, derrière les Etats-Unis. Les maisons de retraite, que le gouvernement est accusé d’avoir négligées, paient un lourd tribut, avec 9 975 décès liés au Covid-19 au 8 mai : 9 495 en Angleterre et 480 au Pays de Galles, a précisé l’ONS.

Résultats préliminaires encourageants pour un vaccin

Aux Etats-Unis, la société biotechnologique Moderna, l’une des plus avancées dans la course pour trouver un vaccin, a annoncé des résultats préliminaires encourageants pour un essai expérimental chez huit volontaires, avant des tests à grande échelle prévus en juillet. Donald Trump s’est réjoui des avancées de la jeune société, dans laquelle le gouvernement américain a investi près de 500 millions de dollars.

A la surprise générale, le président américain a aussi révélé qu’il prenait depuis une semaine et demie de l’hydroxychloroquine, un médicament qui comporte des effets secondaires contre lesquels certains experts mettent en garde. « Vous connaissez l’expression : qu’est-ce que vous avez à perdre ? », a-t-il déclaré à des journalistes, tout en soulignant n’avoir « aucun symptôme » du Covid-19 et que tous ses tests étaient jusqu’ici négatifs.

© Le Monde avec AFP