ABDAZ, le Ed Sheeran sénégalais sort son 3e single DJIRIM, un rappel à l’humanité

Photo Courtoisie Abdaz official

De son vrai nom Abdou Aziz Guèye, ABDAZ, une contraction de ses deux prénoms, est un passionné d’arts que ce soit le dessin, la musique ou le cinéma. Il se définit comme un fils, un frère, un ami, un citoyen, un être humain, avec des rêves et des ambitions, ayant vécu des moments d’immenses joies mais également de profondes tristesses, qui partage avec à peu plus de la moitié de la population mondiale, 24h par jour, de l’oxygène et un cœur qui bat. ″Un homme de convictions, humblement ouvert au dialogue″ résume-t-il.

″Passionné de communication sous toutes ses formes, du marketing à la politique en passant par celle institutionnelle, je suis présentement, dans un processus de finalisation de ma troisième année de licence dans ce domaine. Je me suis aussi investi, professionnellement dans une de mes passions, la musique″ nous dit-il. Un jeune chanteur atypique qui aborde des thèmes intéressants, nés de son observation de la société dans un style bien à lui-même s’il s’inscrit dans la mouvance de la World Music.

Abdaz / Photo courtoisie

Abdaz, très suivi sur les réseaux sociaux, vient de sortir son dernier single et 3e production, Djirim, qui parle des enfants de la rue. Il s’est prêté au jeu de questions/réponses avec Opale Magazine, en attendant la sortie de son album en préparartion

Comment en es-tu venu à la musique ?

Tout a commencé en 2008, à cette époque, chez nous, nous avions tous, individuellement, des iPods. Du coup, on pouvait passer toute la journée à écouter de la musique. Je me rappelle que j’étais très fan de Chris Brown, j’écoutais ses chansons en boucle. Quand je me sentais seul parfois, je montais sur la terrasse ou je m’enfermais dans ma chambre, je faisais des « concerts privés » qui je vous promets étaient toujours joués à guichet fermé, et je pense que c’est de là que m’est venu cette affection pour la musique. Toutefois, je dois avouer que j’ai gardé cette passion secrète pendant une bonne dizaine d’années.

La réalité est que je fais partie d’une famille où les études sont primordiales. Des études inscrites dans le sens des sciences exactes ou des disciplines tel que le Droit. Cela constituait la dominante principale qui ne rendait pas l’équation de mes choix de vie, sur le plan professionnel, très facile. Mais depuis, j’ai pu échanger avec mes proches et j’ai leur soutien dans chacune de mes entreprises liées au monde de la scène. En contrepartie cependant, nous avons convenu qu’il était important de ne pas mettre tous ses œufs dans un même panier. Une perception des choses à laquelle j’adhère totalement dans la mesure où être un chanteur est une part de moi, l’expression d’un pan de mes compétences, mais il en existe également d’autres, tel que la communication, que je peux encore explorer en poursuivant mes études. Et au final, les deux s’emboitent parfaitement.

Actuellement, je collabore avec deux entités : Keyzit, avec lequel j’interagis depuis septembre 2017, qui se charge principalement de l’édition et de la distribution, ainsi que mon label Black Empire que j’ai récemment intégré en Juillet 2019, un studio d’enregistrement professionnel, de production, panafricaniste avec des membres très actifs, productifs et doués dans leur domaine de prédilection, tous les deux sont basés à Dakar.

Comment définirais-tu ton style musical et qu’est-ce qui t’inspire dans tes chansons?

J’aime à l’appeler de la« World Music ». Un terme générique couvrant les musiques qui ne font pas partie des principaux courants contemporains que sont par exemple la pop, le rock, la musique classique, le jazz, le rap et qui contiennent des composantes ethniques ou traditionnelles.

La musique est dynamique, elle n’est pas statique. Ses rôles, ses formes, les messages qu’elle délivre, ses fonctions le sont également. Elle peut dénoncer, informer ou juste distraire. En ce qui me concerne, je considère que toute réalisation artistique, de la peinture au septième art en passant par la danse, a toujours, même dans des genres fantastiques, un constant rapport, voire un rappel, qui part de la réalité pour générer une « fiction ». Il est important de s’imprégner de l’environnement où l’on évolue et de s’en inspirer si l’on veut apporter une certaine honnêteté à ses travaux. Cet environnement peut bien sur commencer par soi, et ensuite s’étendre vers des réalités sociales. À chaque fois que j’écris une chanson, j’essaie de voir quel impact positif cela pourrait avoir sur la société et qu’est-ce qui devrait être dit pour que le message que je tente de véhiculer soit interprété de la bonne manière. L’idée de dénonciation y est présente, celle d’information également pour ceux qui ne sont pas familiers avec des réalités appartenant au quotidien d’une société avec laquelle ils ne sont pas en contact ou alors juste distraire des choses pesantes par l’apport de mélodies chaleureuses. D’ailleurs, l’album que je prépare va s’intituler « Seetlu » un terme en Wolof qui peut signifier en français : constat, Observation. Ceci dit, j’essaie toujours de joindre l’utile à l’agréable.

Quelles sont tes réalisations ?

Au cours de ces 2 années de carrière j’ai réalisé 7 singles, dont 3 officiels, des compositions originales, et 4 reprises.

La première réalisation est une reprise de l’auteur, compositeur et interprète qui ne se présente plus , Ed Sheeran,GuissnaMbeuguel, adaptation de la chanson Perfect en Wolof sortie le 14 février 2018 et quia lancé ma carrière. Aujourd’hui, il s’agit de ma réalisation la plus regardée sur YouTube avec plus de 36000 vues.

Après avoir réalisé le cover de Ed Sheeran, j’ai jugé nécessaire de me lancer dans la production de mes propres chansons. S’en est donc naturellement suivi une composition originale, intitulée Come on, de style afro-beat axé autour de la thématique de l’amour.

En troisième position, sous conseils et recommandations, j’ai finalement opté pour une autre reprise d’un auteur, compositeur, interprète, musicien de génie, qui est la fierté du patrimoine culturel national : Youssou Ndour. Depuis mon enfance, j’ai toujours adoré sa chanson, Amitié. Je la chantonnais partout et on me disait souvent que les harmonies coïncidaient idéalement avec mon grain de voix.  Actuellement, beaucoup de personnes la considère comme la deuxième plus belle de mes réalisations. Elle a d’ailleurs été classée numéro 01 dans le Top 100 des musiques les plus écoutées au Sénégal sur Deezer.

Yaye yako waral est l’adaptation de You are the reason de Calum Scott, en Wolof. La différence réside dans l’angle du sujet abordé. Dans ma version, la chanson parle de l’amour que l’on devrait porter à nos mères. Il était important pour moi de rendre hommage à ma mère, ainsi qu’à toutes les mamans du monde.

Allez les lions est une reprise de « ramener la coupe à la maison » de Vegedream. Cette chanson était dédiée aux lions de la Teranga en guise d’encouragement, dans le contexte de la Coupe d’Afrique des nations 2019. Nous y avons mis une touche très perceptible de l’aspect socioculturel sénégalais en y ajoutant « Gaale guan gui reubi » qui date de 2002, un classique du folklore local.

Ma deuxième production originale, Noone Nga, dénonce la méchanceté gratuite qui existe dans la société. Selon les retours qui m’en ont été fait, elle est de loin ma réalisation la plus appréciée. Elle a été numéro 07 dans le Top 100 des musiques les plus écoutées au Sénégal sur Deezer durant la semaine de sa sortie.

La plus récente de mes sorties, ma troisième production officielle, s’intitule Djirim. Sortie le dimanche 19 avril 2020, il s’agit d’un plaidoyer pour les enfants de la rue, une réalité sociale qui, à mon sens, devient un phénomène beaucoup trop banalisé.

Djirim est, personnellement, l’une de mes réalisations préférées. Je suis quelqu’un qui aime très profondément les enfants et voir ce que vivent une bonne partie d’entre eux, dans la rue, tous les jours, est pour moi tout simplement inacceptable. C’est un rappel à l’humanité, à la responsabilisation et, sur cette montée de banalisation, à la prise de conscience.

Des projet en cours ? Et tu te vois où dans 5 ans ?

Pour le moment, avec mon label, nous travaillons sur l’album qui doit sortir prochainement.   En attendant, je compte très certainement sortir d’autres singles afin d’annoncer l’album en question. Parallèlement, avec cette même maison de production, nous explorons ma deuxième passion liée au monde des arts : le cinéma.

Et dans 5 ans, pour être honnête, je me projette sur un bon nombres d’accomplissements.

J’aimerai que ma musique, que les messages que je souhaite faire passer soient connus à l’international. Je souhaite renforcer cette dynamique déjà bien partie, ce flux d’informations partant sur, et de, mon pays vers d’autres territoires, d’autres individus. Je souhaite contribuer à favoriser la représentation sénégalaise dans le monde de la scène.

L’industrie musicale de l’Amérique du Nord est très prisée, pleine d’opportunités ; il serait très intéressant voir même bénéfique de pouvoir être « broadcasted » à cette échelle. Dans cinq ans, je serais également toujours fidèle à mes principes et à mes origines, qui sont pour moi, la touche essentielle qui apporte de l’originalité à ma musique.

À cela, s’ajoute également la participation à une série télévisée, voire un film, au minimum. Réaliser encore quelques albums, être nominé à des Awards, constater une prise en charge du phénomène des enfants de la rue, contribuer à la dénonciation de fléaux sociaux, économiques, … En bref, participer au changement et impacter.

Merci Abdaz pour cette belle entrevue !

Vous pouvez trouver les productions de ABDAZ sur les plateformes suivantes :

YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCT8b3E38WGZUQU_pu1zxiNw

Deezer : http://www.deezer.com/artist/49827502

Apple Music : https://music.apple.com/fr/artist/abdaz/1422740030

Spotify : https://open.spotify.com/artist/21lPZL5eZaWB5ZeuqkAEtM?nd=1

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*