A Chicago, Lori Lightfoot, une maire noire et lesbienne assumée à la personnalité unique

La nouvelle maire de Chicago, Lori Lightfoot, le soir de son élection, le 2 avril 2019, Chicago (Illinois). KAMIL KRZACZYNSKI / AFP

La démocrate de 56 ans, élue mardi, est novice en politique. Elle s’est engagée à lutter contre la corruption et l’insécurité.

La ville de Chicago s’est ­offert une élection ­historique, mardi 2 avril. Femme, noire et homosexuelle, Lori Lightfoot, une démocrate de 56 ans, a été élue maire de la troisième plus grande cité des Etats-Unis.

La présence de son épouse, une femme blanche, et de leur fille de onze ans, lors de son discours mardi soir, a souligné la personnalité unique de la nouvelle maire. Cette élection prouve que Chicago est « une ville où peu importe la couleur de ta peau ou la personne que tu aimes, tant que tu aimes de tout ton cœur », a-t-elle déclaré en annonçant sa victoire.

Mme Lightfoot rejoint ainsi le ­cercle très restreint des treize Afro-Américaines actuellement en fonctions à la tête de l’une des 307 municipalités de plus de 100 000 habitants (Washington, Baltimore, San Francisco, La Nouvelle-Orléans…). Depuis près de deux siècles que Chicago élit ses maires, seuls une femme et deux Afro-Américains avaient accédé à cette fonction.

Volonté de rompre avec le « système »

Lors d’un second tour inhabituel dans cette ville historiquement démocrate et plutôt abonnée aux élections sans surprise, elle a largement battu son adversaire, issue du même camp politique, l’élue locale septuagénaire, Toni Preckwinkle. Cette dernière a reconnu sa défaite et souligné l’aspect historique et inédit de ce scrutin : « Il y a peu, le fait que deux Afro-Américaines s’affrontent pour cette fonction aurait été inimaginable. »

Si le faible taux de participation (32 %) ne vaut pas plébiscite, le score (74 %) de la nouvelle maire souligne en revanche la volonté des électeurs de s’en remettre à une novice en politique et de rompre avec « le système » en place.

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