Liberia : l’ex-footballeur George Weah remporte largement le second tour de la présidentielle

George Weah à Monrovia le 27 décembre. Crédits : THIERRY GOUEGNON / REUTERS

Attaquant star de Monaco, du PSG et du Milan AC dans les années 1990, George Weah succédera le 22 janvier à Ellen Johnson Sirleaf.

L’ex-star du football et sénateur George Weah a remporté 61,5 % des voix lors du second tour de l’élection présidentielle au Liberia, contre 38,5 % pour le vice-président, Joseph Boakai, a annoncé la Commission électorale nationale (NEC) jeudi 28 décembre, après dépouillement de 98,1 % des bulletins.

« Mes chers concitoyens, je ressens profondément l’émotion de toute la nation. Je mesure l’importance et la responsabilité de l’immense mission que je commence aujourd’hui. Le changement arrive », a tweeté le nouveau président dans la soirée.

« Maintenant, le pouvoir va au peuple »

Attaquant star de Monaco, du PSG et du Milan AC dans les années 1990, George Weah succédera le 22 janvier à Ellen Johnson Sirleaf. Il s’agira de la première transition de pouvoir pacifique depuis soixante-dix ans dans ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, qui n’a pas connu d’alternance démocratique depuis 1944. Le Liberia a notamment été marqué par une guerre civile particulièrement atroce — deux cent cinquante mille morts entre 1989 et 2003.

Dès la victoire de George Weah connue, des centaines de personnes massées aux abords de la Commission électorale nationale (NEC), dans le centre de la capitale, Monrovia, ont laissé éclater leur joie, chantant, dansant et scandant le nom de leur futur président. « On a attendu pendant douze ans. Maintenant, le pouvoir va au peuple », exultait la vice-présidente de la Ligue de la jeunesse de la Coalition pour le changement démocratique (CDC), la formation de M. Weah, Josephine Davies.

Le spectre de Charles Taylor

George Weah, 51 ans, était déjà sorti vainqueur du premier tour du 10 octobre avec plus de 38 % des voix. Une belle revanche pour le Ballon d’or 1995, qui avait été battu par Ellen Johnson Sirleaf lors de la présidentielle de 2005.

Sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du Liberia, George Weah avait choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de l’ancien chef de guerre Charles Taylor. Mais tous deux disent ne pas entretenir de lien avec l’ancien président. Le Liberia, qui peine à se remettre de l’épidémie d’Ebola, vit encore dans le souvenir de l’ancien dictateur (1997-2003), aujourd’hui âgé de 69 ans. Condamné par la justice internationale à cinquante ans de prison, il purge sa peine en Grande-Bretagne pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le chef des observateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ancien président du Ghana, John Dramani Mahama, ont tous deux salué « la tenue pacifique » du scrutin, tout comme l’Union européenne.

©AFP