Kaboul: attentat-suicide contre une mosquée chiite, au moins 4 morts

Des policiers afghans sur le site d'une attaque suicide, le 20 juin 2016 à Kaboul ((c) Afp)

Au moins quatre personnes ont été tuées et huit blessées dans un attentat suicide jeudi soir contre une mosquée chiite à Kaboul, ont annoncé les autorités, dernière d’une série d’attaques sanglantes menées dans la capitale afghane pendant le mois de ramadan.

Les attaquants se sont fait exploser dans la cuisine de la mosquée après que la police leur eut interdit l’accès de l’édifice principal où étaient massés les fidèles, selon le ministère de l’Intérieur.

« Attaque terroriste contre la mosquée d’Al-Zahra dans l’ouest de Kaboul. Les forces spéciales ont été envoyées dans la zone », a tweeté le porte-parole du ministre de l’Intérieur Najib Danish, qui a communiqué à l’AFP un bilan provisoire de quatre morts et huit blessés.

L’attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat, mais les quartiers de la minorité chiite ont été fréquemment ciblés dans la passé par les militants du groupe Etat islamique (EI, sunnite).

L’an dernier, une vague d’attaques visant les chiites afghans ont été revendiquées par l’EI, qui les considère comme apostats. Au moins 14 chiites ont été tués en octobre lors d’une explosion puissante dans une mosquée de Mazar-i-Sharif (nord), juste après que des hommes armés eurent pris pour cibles des fidèles d’un édifice religieux à Kaboul, tuant 18 personnes.

L’attaque de jeudi soir s’est produite alors que les fidèles se préparaient à une assemblée devant durer toute la nuit pour cette nuit de ramadan ayant une signification spéciale pour les chiites.

– La prise de Tora Bora –

La capitale afghane est sur les dents depuis un attentat dévastateur au camion piégé qui a frappé le 31 mai le quartier diplomatique de Kaboul, faisant plus de 150 morts. Cet attentat, le plus meurtrier en Afghanistan depuis 2001, n’a pas été revendiqué.

L’attentat a déclenché les protestations d’habitants exaspérés par les violences, émaillées d’affrontements qui ont fait quatre morts le 2 juin. Les funérailles d’un protestataire ont ensuite été prises pour cible, faisant sept nouvelles victimes.

Depuis l’attentat de Kaboul, des protestataires continuent des sit-in en au moins six point de la capitale, dont un près du lieu de l’explosion, pour réclamer la démission du gouvernement.

Semblant tenter d’endiguer la mobilisation, le gouvernement afghan a renvoyé dimanche deux hauts responsables des services de sécurité, dont le chef de la police de Kaboul, pour la mort des protestataires lors des affrontements avec la police le 2 juin.

L’apparition de l’EI a alimenté des affrontements violents entre sunnites et chiites en Afghanistan, un pays à majorité sunnite qui avait jusqu’ici été épargné par ce type de phénomène en dépit de décennies de guerre.

En outre, l’EI a pris cette semaine le contrôle de Tora Bora, dernière forteresse d’Oussama Ben Laden, dans l’est de l’Afghanistan, où le leader d’Al-Qaïda s’était retranché pour échapper aux Américains après le 11-Septembre. Il s’agit d’une prise hautement symbolique pour l’EI, qui en a chassé ses rivaux talibans.

Le réseau de grottes, particulièrement difficile à pénétrer, avait fait en décembre 2001 l’objet d’une âpre bataille et de bombardements intenses, jusqu’à ce que Ben Laden gagne les zones tribales et se réfugie au Pakistan où il a été abattu lors d’un raid des forces spéciales américaines en 2011.

©AFP